L’événement de la journée des motions de censure de hier a été indéniablement le vote par les députés RN de la motion de censure déposée par la Nupes. Un rappel est nécessaire : dès lors que le gouvernement engage sa responsabilité selon l’article 49.3 de la constitution, une motion de censure peut être déposée par des députés. Cette motion est adoptée (et renverse donc le gouvernement) seulement si la majorité des 577 membres de l’Assemblée Nationale votent en faveur, il ne suffit donc pas qu’il y ait plus de pour que
Réflexions insoumises
Une ignoble indécence
L’abominable meurtre de la jeune Lola, aux proches de laquelle nous apportons toute notre solidarité, a déclenché une immonde campagne de récupération politique à l’initiative de l’extrême droite et des franges les plus droitières des « Républicains ». On y retrouve, dans une communication parfaitement construite, l’ensemble des théories répressives, complotistes et racistes développées depuis de nombreuses années. L’annonce de l’arrestation, quelques heures à peine après les faits, d’une jeune femme manifestement déséquilibrée et d’origine étrangère a été le prétexte d’un déferlement inouï de haine anti-immigrés, d’appels à une justice
La fuite en avant islamophobe des macronistes
Le courant politique bourgeois au pouvoir, le macronisme, c’est à dire le néolibéralisme à tendance répressive, ne peut plus se passer de l’islamophobie. Il s’agit d’une véritable dépendance qui a tout à voir avec l’incapacité du néolibéralisme à proposer un horizon politique mobilisateur, à faire accepter son projet de reformatage de la société comme légitime ou même, tout simplement, à être efficace. Cela n’est pas étonnant : à chaque gouvernement menant une politique libérale qui se succède, le consentement populaire est plus difficilement acquis et l’islamophobie est un levier encore plus
La rue est leur usine…
Courant septembre, Uber Eats, filiale de livraison de repas d’Uber, a annoncé avoir mis un terme à plus de 2500 contrats de livreurs en France. Le prétexte retenu était de supprimer un certain de contrats suspectés d’avoir été frauduleusement attribués à des travailleurs sans-papiers. Cette décision jette une lumière toujours plus crue sur les pratiques des plateformes de livraison, mais plus généralement sur l’ensemble de l’économie « uberisée ». Nous avons demandé à Leila Chaïbi députée européenne La France Insoumise, à l’origine d’une Directive de la Commission Européenne en vue de réglementer
Enseignement professionnel : à mort l’école des classes populaires !
« Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit » Mélancholia, V. Hugo Grand bond en arrière Lors de son discours de rentrée à propos de l’école, le Président Macron a annoncé une série de mesures visant l’enseignement professionnel. Pour qui connaît ce domaine du système éducatif français – qui accueille tout de même un peu plus de 600 000 élèves – c’est une liquidation qu’il a alors engagée. Elle porte autant sur le fond éducatif que sur l’organisation des établissements. C’est, comme toujours avec lui, «
La République… mais sans la Révolution ?
La dernière polémique en date à propos d’un tweet de Jean-Luc Mélenchon évoquant la marche des femmes d’Octobre 1789 est a priori tout à fait étonnante : après tout, la geste de la « Grande révolution » – celle qui a établi la « République » – est censée faire partie du patrimoine commun. A tel point d’ailleurs que, la semaine passée, ce n’est absolument pas Mélenchon qui a, le premier ravivé, ce souvenir révolutionnaire… mais les responsables français de l’organisation des Jeux Olympiques. En effet, l’aller-retour Paris-Versailles-Paris sera le parcours de l’une des épreuves les
Merci Madame…
Depuis hier et durant les jours qui vont suivre les critiques littéraires vont en parler, Annie Ernaux est prix Nobel de littérature ! Chez celles et ceux qui l’aiment, ça jubile et ça s’envoie des tweets, des SMS, des articles, et ça fait suivre et ça prend sa revanche. C’est donc avec une grande humilité qu’à notre tour nous nous joignons aux louanges faites à cette grande autrice qu’est Annie Ernaux et plutôt qu’un commentaire littéraire (que d’autres feront bien mieux que nous), il faut voir ce qui, dans la gauche,
Brésil. Les leçons du premier tour
Le premier tour des élections générales de 2022 a apporté une surprise amère aux forces militantes de gauche qui, en suivant les sondages électoraux [1], s’attendait à une victoire électorale de Lula dès le premier tour du 2 octobre, ou à un second tour [le 30 octobre] car manquant quelques voix près, mais avec une large marge d’avance sur Bolsonaro. Certaines leçons doivent être tirées immédiatement, car notre défi est énorme dans les semaines à venir. Elire Lula pour battre Bolsonaro, nous le savons maintenant, sera plus difficile et, par conséquent, plus vital. Où
Iran : la révolte vient de loin
Le 8 mars 1979, quelques semaines après la chute du Shah et l’arrivée au pouvoir de l’Ayatollah Khomeini, une importante manifestation de femmes iraniennes se déroulait dans les rues de Téhéran et d’autres villes d’Iran, comme le montre le film « Iran année zéro » réalisé alors par des militantes du MLF françaises présentes sur place. Ces manifestations célébraient les libertés conquises après la chute du régime dictatorial du Shah, Mais elles voulaient également mettre en garde contre les conséquences, pour les femmes en tout premier lieu, de l’instauration d’un
Italie : un réveil difficile
Les élections législatives de dimanche en Italie ont vu, comme prévu dans les sondages, la nette victoire de la coalition de « centre droit » et, en son sein, du parti néo-fasciste de Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia. Le système électoral en Italie donne un avantage substantiel, près de 16% à la coalition arrivée en tête, ce qui explique qu’avec seulement 44% des voix, la coalition des Fratelli d’Italia, de la Lega et de Forza Italia recueille près de 60% des sièges, tant à la Chambre des Députés qu’au Sénat. Il est encore
Suède : la droite fait la courte échelle aux néofascistes
Il est probable que la Suède sera gouvernée dans les mois et années à venir par une coalition de la droite et de l’extrême droite, disposant d’une majorité très réduite et mettant fin à huit années de gouvernement social-démocrate. Issu du mouvement néonazi suédois et principale force d’extrême droite en Suède, les Démocrates suédois (DS) accèderaient ainsi pour la première fois de leur histoire à des responsabilités gouvernementales. Le résultat marque un déclin évident de l’éventail progressiste de la politique suédoise dans son ensemble et du Parti de gauche en