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Comment répondre aux attaques contre l’école publique ?

La commission Éducation de la Gauche Ecosocialiste organisait le 18 mars 2024 une réunion débat. Cette initiative était animée par Laurence De Cock (historienne de l’école, enseignante et militante pédagogique, membre de la commission Éducation de la GéS) qui est revenue sur la situation actuelle de l’école et a dressé des pistes politiques. Frédéric Grimaud (enseignant et docteur en sciences de l’éducation, militant au SNUipp-FSU) est revenu sur la question du travail des professeur.es à partir de son ouvrage (Enseignants, les nouveaux prolétaires) et Grégory Chambat (enseignant en collège auprès

La Cité Scolaire Internationale Jacques Chirac à Marseille, ou « Stanislas dans le public »

Etablissement au statut hybride rendu possible grâce à la Loi « Pour une école de la confiance » de J-M Blanquer, qui permet de déroger entièrement à la carte scolaire, de sélectionner les élèves et de recevoir des financements privés, il s’agit d’un établissement qui transpose dans le public les principes d’entre-soi et de sélection propres aux établissements privés les plus élitistes. Située dans la zone littorale d’Euroméditerranée, vaste projet de renouvellement urbain des quartiers du port, au pied du siège social de la CMA-CGM, elle est actuellement en construction en partenariat

Public vs Privé : « Rallumer la guerre scolaire… » ?

Les conclusions de la mission parlementaire sur le financement de l’école privée sous contrat, dont les rapporteurs sont Paul Vannier (LFI, Val d’Oise) et Christopher Weissberg (RE, 1ère circonscription des français de l’étranger), ont été publiées mardi 2 avril dernier. Elles pointent en premier lieu l’opacité qui règne sur le montant des dépenses publiques allouées à l’enseignement privé, cela alors que la mobilisation pour un plan d’urgence pour l’éducation en Seine St-Denis se poursuit depuis plusieurs semaines et fait face à la surdité accablante du gouvernement. Cette situation souligne à

Le 93 en grève pour l’éducation !

Jeudi 7 mars 2024, 60 % des enseignant·es du secondaire sont en grève en Seine-Saint-Denis, 45 % dans le premier degré et de nombreuses AESH. 4500 manifestant·es marchent dans Paris vers le ministère de l’Éducation nationale, avant que 480 d’entre eux se retrouvent à la Bourse du travail pour une assemblée départementale. C’est une mobilisation historique et qui prend de l’ampleur depuis le lundi 26 février, où en réponse à l’appel de l’intersyndicale CGT éduc’action, FSU, Solidaires, CNT, 40 % des enseignant·es du département « n’ont pas fait leur rentrée

Penser l’école à partir du travail des professeur·es des écoles

Quelle organisation politique peut se passer de l’élaboration d’un projet pour l’éducation en général, pour l’école en particulier ? Un projet qui peut être conçu en partant du rôle qu’a l’institution scolaire dans la société, ou encore à partir de l’enfant et son développement, à partir de ce que souhaitent les familles même ou bien encore à partir des contenus disciplinaires à enseigner. Mais il est plus rare de penser l’école à partir de l’activité de celles et ceux qui y travaillent. Je ne parle pas ici du travail qui leur

700 millions d’euros en moins en 2024 pour l’Education nationale

L’annonce a fait l’objet d’une surprise (en tout cas pour celles et ceux qui croient encore aux annonces de ce gouvernement qui, par la voix de Gabriel Attal, annonçait il y a deux mois la création de 2137 emplois d’enseignant·es) : dans le cadre des économies budgétaires annoncées par Bruno Le Maire, le décret annulant 10 milliards d’euros de dépenses est paru. Dans le détail, selon la logique annoncée consistant à faire des économies en proportion du budget initial, les ministères de La Défense et de l’Intérieur … rendent assez peu.

Vers un printemps de l’éducation ?

Il est une tradition, voire une coutume, qui est bien ancrée dans l’Education nationale : les mois de janvier et février sont des mois de luttes et de grèves. En cause : l’annonce des cartes scolaires et des suppressions de postes… Au fond, le choix de l’intersyndicale FSU-CGT-SUD-FO d’appeler dès la mi-décembre 2023 à la grève le 1er février 2024 s’appuyait sur ce terreau de luttes (même si, nous y reviendrons, d’autres aspects sont mis en avant). Et puis, une fois n’est pas coutume ni tradition, un simple changement de casquette dans

Le séparatisme scolaire en marche

La prise de fonction de la nouvelle ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux Olympiques (sic) fut originale : une vraie sortie de piste ! En 24h, Amélie Oudéa-Castéra a réussi à broyer la promesse républicaine d’égalité et à mettre en lumière l’argent-roi, l’entre-soi de la grande bourgeoisie, le séparatisme social qui font le sel de la macronie. Dès sa première expression publique, la ministre s’est vautrée dans le mensonge et a insulté les enseignants. Un record pour cette ancienne sportive de haut niveau ! L’affaire a fait le

L’enseignement privé au secours de l’école publique “défaillante”

A la rentrée de septembre 2023, je me demandais ce qu’allait trouver cette année le gouvernement et les médias pour ne pas parler des vrais problèmes de l’école : ce fut cette année une polémique raciste sur les Abayas. Mais la petite musique s’est déréglée avec un manque flagrant de professeur·es (pudiquement appelé « crise du recrutement »), des inégalités sociales et scolaires qui se creusent et qui se voient bien trop pour être cachées. Un rapport publié fin 2023 (https://nosservicespublics.fr/rapport-etat-services-publics-2023) précise même que la massification scolaire ne s’est « pas traduite par

« Nous les peu, nous les gueux et gueuses » : la destruction du lycée des classes populaires

Les lycées professionnels scolarisent un tiers des lycéen·nes. Essentiellement les enfants des classes populaires, mais aussi 85% des lycéen·nes porteur·ses de handicap. Le gouvernement Macron poursuit avec brutalité le démantèlement du Lycée professionnel. Il le fait en plaçant les LP sous la tutelle du Ministère du Travail pour accélérer la « déscolarisation » de cette voie pourtant essentielle du système éducatif. D’une orientation à l’autre Mis en place à la fin des années 1980, le baccalauréat professionnel avait pour ambition de contribuer à l’élévation des qualifications dans le cadre de

“Le choc des savoirs”, à droite toujours plus loin…

Depuis la rentrée, G Attal est à l’offensive, déclarations multiples, propositions chocs, qui se veulent empruntes de bon sens en prônant de fait le retour aux bonnes vieilles méthodes du passé. Cela permet d’éviter de répondre aux classes sans enseignant-e-s, aux remplacements non assurés, au grand mal être de la profession, aux difficultés à recruter. Mais derrière « le choc des savoirs » d’Attal, c’est une nouvelle offensive réactionnaire après celle contre les Lycées Professionnels (https://gauche-ecosocialiste.org/non-a-linstrumentalisation-de-lenseignement-professionnel/) Le fondement objectif serait le résultat des évaluations PISA élaborées par l’OCDE experte en questions pédagogiques

De la démesure à chaque enquête PISA

Existe-t-il un autre domaine que l’éducation où ce que produit une officine de la très libérale OCDE serait repris sans hésitation ? En ce qui concerne les sciences, Pisa donne les USA devant la France. Or, selon une enquête rapportée par Le Monde, « Un quart des Américains (26 %) ignorent que la Terre tourne autour du Soleil et plus de la moitié (52 %) ne savent pas que l’homme a évolué à partir d’espèces précédentes d’animaux. … Sur neuf questions portant sur des connaissances élémentaires en physique  et en biologie, le score moyen

Mes élèves ne sont pas mes ennemi·es

L’école et ses personnels viennent de subir une attaque meurtrière abominable avec la mort d’un professeur et les blessures sérieuses d’un autre professeur et d’un agent dans un lycée à Arras. La mort de Dominique Bernard, 3 ans presque jours pour jours après l’assassinat de Samuel Paty, fait de nouveau plonger l’ensemble des personnels de l’Education nationale dans l’horreur du terrorisme. Mais, avec ces morts au travail, il n’est pas uniquement question de terrorisme, il n’est pas uniquement question de laïcité, ce serait trop facilement tomber dans le piège du

Contre les classes populaires, Macron massacre les lycées professionnels

Sous la présidence d’Emmanuel Macron, la pauvreté a explosé et les très hauts revenus se sont envolés. Il est bien le président des riches : il méprise les classes populaires. La puissante mobilisation contre la réforme des retraites a contribué à remettre la question des inégalités et du partage des richesses au centre du débat et de la confrontation politique et sociale. Elle a mis en évidence l’isolement du pouvoir et sa fragilité. Dans ce contexte, après 4 mois de lutte massive et exemplaire, alors qu’il est passé en force