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Victoire fossile à Sharm el Sheikh, il ne reste que la lutte

Quelque jours avant l’ouverture de la COP27 à Sharm El-Sheikh, en Égypte, j’ai écrit que cette conférence serait un « nouveau sommet du greenwashing, du capitalisme vert et de la répression » (1). C’était une erreur. Le greenwashing et la répression étaient plus que jamais au rendez-vous sur les rives de la Mer Rouge, mais le capitalisme vert, lui, a subi un revers, et les fossiles ont remporté une nette victoire. En matière climatique, on peut définir le capitalisme vert comme la fraction du patronat et de ses représentants politiques qui prétend que

LA ZFE, zone à forte exclusion ?

En préambule, disons-le clairement : il est essentiel de lutter contre la pollution de l’air. En, France, on estime que la pollution liée aux oxydes d’Azote (NOx),et aux particules fines est responsable de 48000 morts par an. INSEE/ADEME: « Dans les plus grandes aires urbaines françaises, les seuils d’exposition au-delà desquels la pollution est considérée comme nuisible par l’organisation mondiale de la santé (OMS 2018) sont très souvent dépassés. En particulier, la pollution de l’air issue du trafic automobile représente 80% de la pollution liée aux transports (oxydes d’azote, particules et

Manifestation contre les méga-bassines à Sainte Soline

Nous étions très nombreuses et nombreux, sans doute entre 6 et 7000, ce 29 octobre pour nous opposer à l’idée même de méga-bassines, et notamment à la construction de celle prévue sur le site de Sainte Soline (79). Ces méga-bassines sont d’immenses trous (16 hectares pour celle-ci, soit l’équivalent de 22 terrains de football) recouverts de bâches imperméables, entourés de digues de 10m de haut, ayant pour objet de constituer des réservoirs de centaines de milliers de mètres cubes (aux alentours de 700 000 m3 pour Sainte Soline) pour arroser

Pour un vrai plan d’adaptation de nos forêts au changement climatique

Mardi 2 août, nous avons présenté une proposition de loi visant à renforcer la résilience des forêts face aux effets du dérèglement climatique. Nous expliquons dans cet article le contexte de cette proposition de loi et les mesures que nous défendons à La France insoumise sur ce sujet. Le dérèglement climatique menace nos forêts avec des risques de cascades de perturbations incluant sécheresses, tempêtes, attaques de scolytes et méga feux. Les taux de mortalité des arbres augmentent déjà. L’analyse des inventaires forestiers le démontre aux USA[1] et au Canada[2] et

Construire et rénover de façon écologique

A peu de choses près, tout le monde admet que le changement climatique est en cours. A la Gauche écosocialiste, la question écologiste et la rupture avec le système capitaliste vont de pair. Qu’est-ce que cela peut signifier concrètement sur le terrain. Nous avons interrogé Nicolas, travaillant dans le cadre de la maintenance Bâtiment d’une grande société de transport, syndicaliste, mais également auto-constructeur en milieu urbain. Comment les épisodes caniculaires modifient ta façon d’envisager les constructions et rénovations en milieu urbain ? Lors d’une précédente expérience professionnelle j’étais dans une coopérative

Yannick Jadot ou « l’écologie pragmatique »

Yannick Jadot, eurodéputé, se présente sans cesse comme « le seul candidat écolo » de cette campagne des présidentielles. Le réchauffement de la planète, le dérèglement climatique, les grands problèmes environnementaux sont une préoccupation majeure d’une grande partie de la population. Pourtant Yannick Jadot est peu audible dans cette campagne, y compris sur ses thèmes de prédilection. « L’écologie n’est pas l’ennemi de l’économie » C’ est une citation d’une autre campagne, celle des européennes du tête de liste alors Yannick Jadot. Mais cette image d’un candidat, d’un leader politique « Macron compatible » colle à la

Du rapport du GIEC au vote Jean Luc Mélenchon

Avant d’entrer dans les détails, je vais rappeler le fonctionnement du GIEC qui a conduit à la production en 2021 d’une 6ème synthèse sur les bases physiques du changement climatique de plus de 6000 pages et en 2022 de ces conséquences sur les agroécosystèmes et les populations tout aussi volumineuse. Créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’objectif du GIEC est de fournir aux gouvernements tous les informations scientifiques requises pour élaborer des politiques climatiques. Des milliers de scientifiques du monde entier contribuent aux travaux

Cri d’alarme, injustice climatique et voeux pieux. Comment lire le dernier rapport du GIEC ?

Le rapport du Groupe de travail II du GIEC sur les impacts et l’adaptation au changement climatique lance un cri d’alarme strident : la catastrophe est plus grave que projeté par les modèles, ses effets se manifestent plus vite et tous les risques grandissent. Les pauvres, les peuples indigènes, les femmes, les enfants et les personnes âgées sont de plus en plus menacés, surtout dans les pays du Sud global. Les politiques suivies pour limiter les dégâts sont inadéquates, vont à rebours de la soutenabilité et creusent les inégalités sociales.

COP 26 : apothéose néo-libérale

La Conférence de Glasgow (COP26) aurait dû en priorité : 1°) concrétiser la promesse des pays « développés » de verser au Fonds vert pour le climat, à partir de 2020, au moins cent milliards de dollars par an pour aider le Sud global à relever le défi climatique(1) ; 2°) forcer ces mêmes pays à intervenir financièrement pour couvrir les énormes « pertes et dommages » causés par le réchauffement, en particulier dans les « pays les moins avancés » et les petits états insulaires ; 3°) « rehausser les ambitions » climatiques des gouvernements pour concrétiser l’objectif de

Le dilemme énergétique. (Et la voie d’une transition écologique démocratique)

La bifurcation écologique n’est pas un dîner de gala. Après un été marqué par des événements climatiques extrêmes et un nouveau rapport du GIEC confirmant ses prévisions les plus inquiétantes, une grande partie de la planète est désormais traversée par une crise énergétique qui préfigure d’autres troubles économiques à venir. Cette conjoncture a enterré le rêve d’une transition harmonieuse vers un monde post-carbone, mettant au premier plan la question de la crise écologique du capitalisme. A la COP26, la tonalité dominante est celle de l’impuissance, où les malheurs imminents ont

COP 26 : assez de blabla…seule la lutte paiera !

Les catastrophes climatiques qui se multiplient partout sur le globe sont la conséquence d’un réchauffement de 1,1 à 1,2 °C « à peine » par rapport à l’ère préindustrielle. De la lecture du rapport spécial 1,5 °C du GIEC(1), n’importe quelle lectrice et lecteur raisonnable conclura que tout, absolument tout, doit être mis en œuvre pour que la Terre reste bien en dessous de ce niveau de réchauffement. Au-delà de celui-ci, les risques augmentent très rapidement(2). La possibilité grandit même de voir une cascade de rétroactions positives provoquer le basculement irréversible de la planète vers

Chien de garde des fossiles, l’AIE pose les pièges du “zéro émissions nettes”

Depuis sa création en 1948, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) est le chien de garde du grand capital fossile. En dépit des avertissements des scientifiques, elle continue imperturbablement, depuis des décennies, à produire des documents qui laissent la bride sur le cou aux multinationales énergétiques et conduisent dès lors tout droit à la transformation de la catastrophe climatique en cataclysme. Or, voilà maintenant que l’Agence sort un rapport spécial qui plaide pour une réduction sévère et très rapide de la combustion de charbon, de pétrole et de gaz naturel(1). S’inscrivant

Entretien avec Daniel Tanuro

En 2010 tu as publié « L’impossible capitalisme vert » (Ed. la Découverte). Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire « Trop tard pour être pessimistes » (Ed. Textuel) dix ans plus tard ? Plusieurs éléments. Premièrement, j’ai voulu souligner la justesse du diagnostic posé dans « L’impossible capitalisme vert » : il y a un antagonisme irréconciliable entre la dynamique d’accumulation inhérente au mode de production capitaliste, d’une part, et les limites écologiques de la planète, d’autre part. Cet antagonisme crève les yeux dans le dossier climatique : d’un côté, les énergies renouvelables sont en pleine expansion et le

L’écologie doit devenir l’enjeu de luttes populaires

Tribune. Nous n’en finissons plus de battre des records : 60 % d’abstention en moyenne pour l’une des dernières élections qui avait du sens aux yeux des Français ! Les regrets du pouvoir en place sur le très fort taux d’abstention lors des élections municipales sont bien convenus… Alors que le phénomène ne date pas d’hier et s’aggrave de façon aussi continue que vertigineuse, sa décision d’organiser un second tour dans des conditions totalement chaotiques n’a pas été infléchie. Mais ne nous cachons pas la réalité : si ces circonstances ont sûrement aggravé l’abstention,

La Convention pour le climat entrouvre la porte à des régulations volontaristes

Cent cinquante citoyen.ne.s de l’Hexagone ont été tiré.e.s au sort pour composer une « convention pour le climat » chargée de suggérer au gouvernement et au président de la république des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030, dans un esprit de justice sociale. Riposte au mouvement des Gilets jaunes et aux manifestations pour le climat, cette initiative d’Emmanuel Macron était une manœuvre cousue de fil blanc : il s’agissait, pour le locataire de l’Elysée, de créer une atmosphère d’unité nationale,

De COP en COP, le cataclysme se rapproche…

La 25e Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP25) débutera dans quelques jours à Madrid. Ce sommet devait initialement se tenir à Santiago mais le président chilien a préféré renoncer. Les COP rassemblent couramment 10.000 personnes : il fallait éviter qu’elles puissent témoigner de la sauvage répression policière du soulèvement contre la politique ultra-libérale du gouvernement Piñera. Pour rappel, la Convention cadre des Nations Unies a été adoptée lors du sommet de la Terre à Rio, en 1992. Elle fixe pour objectif