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Une présidence à haut risque

La victoire de Lula au second tour de l’élection présidentielle brésilienne a représenté un immense soulagement pour l’ensemble des forces progressistes au Brésil, en Amérique Latine et a marqué un coup d’arrêt à la progression des forces d’extrême-droite dans le monde. Mais cette victoire acquise à une courte majorité, après une campagne d’une violence extrême, recèle bien des contradictions et bien des dangers. Pour en prendre la mesure, il faut tout d’abord rappeler que le Brésil est un pays de 215 millions d’habitants, grand comme 17 fois la France. La

Les premières mesures de Lula doivent répondre aux engagements de la campagne

Malgré l’importante victoire que représente l’élection de Lula, il ne faut pas perdre de vue que le bolsonarisme a réussi à rassembler derrière sa candidature près de la moitié de la population brésilienne, en plus d’avoir gagné un plus grand nombre de parlementaires au Congrès et une présence importante parmi les gouverneurs et les députés des Etats (ce qui s’ajoute à l’influence déjà acquise parmi les maires). Des représentants importants du fascisme, comme Nikolas Ferreira [député pour le Minas Gerais, conseiller municipal de Belo Horizonte, membre de la nouvelle génération

Brésil. Les leçons du premier tour

Le premier tour des élections générales de 2022 a apporté une surprise amère aux forces militantes de gauche qui, en suivant les sondages électoraux [1], s’attendait à une victoire électorale de Lula dès le premier tour du 2 octobre, ou à un second tour [le 30 octobre] car manquant quelques voix près, mais avec une large marge d’avance sur Bolsonaro. Certaines leçons doivent être tirées immédiatement, car notre défi est énorme dans les semaines à venir. Elire Lula pour battre Bolsonaro, nous le savons maintenant, sera plus difficile et, par conséquent, plus vital. Où

Brésil : pourquoi le PSOL (gauche radicale) a-t-il décidé de soutenir Lula ?

1. Le PSOL a confirmé sa décision d’appeler à voter pour Lula, dès le premier tour [des élections présidentielles, le 2 octobre 2022], malgré le choix de Geraldo Alckmin [comme candidat à la vice-présidence sur le ticket présidentiel]. Les conditions légales électorales imposent que cette campagne se fasse par le biais d’une «coalition» [la loi électorale brésilienne ne permet pas de séparer le vote pour le président et le vice-président], sous peine d’amendes implacables et de sanctions sévères. Il s’agit donc d’une décision exceptionnelle. Et elle comporte de nombreux risques car

Brésil. Cinq leçons du Congrès du PSOL

1° – Vaincre Bolsonaro Le PSOL est sorti de son Congrès [26-27 septembre] renforcé, un peu cabossé, mais entier. Il y a une majorité et une minorité, ce qui est normal. Les congrès devraient être les réunions les plus importantes pour un parti. Comme on pouvait s’y attendre, ils sont le lieu de forts débats. Au PSOL, les débats sont publics, et la démocratie interne presque chaotique. Malheureusement, la gauche doit encore apprendre à se protéger de l’environnement toxique d’attaques et d’insultes que l’on trouve parfois sur les réseaux sociaux.

Brésil. 7e Congrès du PSOL : les débats et un pas en avant dans la lutte contre Bolsonaro

Les 26 et 27 septembre 2021, le 7e congrès du PSOL (Parti Socialisme et Liberté) a réuni 402 délégués, en ligne. 51 000 membres ont voté, soit deux fois plus que lors du précédent congrès. Par conséquent, une partie des militant·e·s les plus engagés a voté pour choisir les thèses qui furent débattues dans les Congrès des Etat, puis à l’échelle nationale. Il y a deux grands blocs au sein du parti. D’un côté, le bloc du «PSOL de Todas as Lutas», constitué par l’unité de deux blocs: le PSOL Semente (semence), formé

Le Brésil après le 7 septembre et les défis de la gauche

Dans cet éditorial, nous présentons trois aspects de la réalité politique nationale après le 7 septembre et une proposition pour la lutte unifiée pour l’impeachment. Le gouvernement Bolsonaro s’est affaibli ces derniers mois sur le plan politique et social, mais le fascisme a montré ses dents mardi 7 septembre 2021. Il se prépare à une tentative de coup d’Etat, car il sait que sa défaite électorale [en octobre 2022] est très probable. Le pays fait face au danger: toutes les libertés sont menacées. Il est possible de vaincre et de renverser Bolsonaro. Pour

Brésil. Dix notes sur le PSOL et la lutte pour un gouvernement de gauche

En mars, nous avons assisté à un changement de situation au Brésil en raison de trois événements majeurs. Deux étaient prévisibles : l’aggravation du cataclysme sanitaire et un nouveau moment de contraction économique. Le troisième fut une surprise : l’annulation des peines prononcées contre Lula et la suspicion du juge Sergio Moro de la STF (Cour Suprême de Justice). Cette combinaison d’événements a affaibli le gouvernement Bolsonaro et a ouvert la possibilité d’élever le niveau de résistance face au gouvernement d’extrême droite. Il a également anticipé le débat sur les candidatures

Brésil. Bolsonaro s’affaiblit, la droite avance et la gauche relève la tête

Les élections municipales de 2020 ont été atypiques. Tout d’abord parce qu’elles sont survenues en pleine pandémie qui a déjà tué plus de 173 000 Brésiliens et provoqué une grave crise économique et sociale. Ensuite, parce qu’elles ont eu lieu sous le gouvernement d’extrême droite de Jair Bolsonaro qui, il y a quelques mois, menaçait de faire un coup d’État. Dans ce contexte, les électeurs et électrices se sont rendus aux urnes lors d’élections conditionnées par des particularités locales, telles que le taux d’approbation négatif ou positif des maires sortants. L’augmentation

Brésil : il va y avoir une explosion des cas de Covid-19

Entretien sur RT France de notre camarade Franck Gaudichaud, professeur en histoire et civilisation de l’Amérique latine à l’université Toulouse Jean-Jaurès. Franck Gaudichaud, merci d’être avec nous sur RT France. On observe d’un côté des villes comme São Paulo – c’est le poumon économique du pays – qui poursuivent leur confinement de par la volonté des gouverneurs d’État mais aussi des maires. Et puis, de l’autre, on entend ce président qui continue à dire que le confinement ne sert à rien. Qu’est-ce que ça montre, finalement ? Que le président brésilien

La France doit refuser l’accord de libre-échange UE-Mercosur

Du 27 au 30 juillet, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, se rend au Brésil pour des rencontres avec les autorités et des entreprises. Ce voyage intervient quelques semaines après la visite au Quai d’Orsay de son homologue Ernesto Araújo et la tenue à Bercy d’une rencontre internationale du MEDEF sur les opportunités commerciales avec le Brésil, où les avantages de la réforme des retraites, qui réduit les droits sociaux des travailleurs brésiliens, ont notamment été évoqués. Cette intense activité bilatérale entre les deux pays ne s’était pas

« Au Brésil, celles et ceux qui luttent son en danger »

À bientôt 34 ans, Taliria Petrone est une militante brésilienne de la cause décoloniale et une féministe anticapitaliste. Élue récemment députée au Parlement fédéral pour le Parti Socialisme et Liberté (PSoL), elle était aussi une camarade de lutte de Marielle Franco, conseillère communale du PSoL assassinée le 14 mars 2018 avec son chauffeur Anderson Gomes. Nous l’avons rencontrée lors de son passage en Europe. Interview. Que signifie aujourd’hui, au Brésil, être une femme noire engagée en politique et députée fédérale pour le PSoL ? La politique est un non-lieu pour nous,

Le « cadeau » d’Evo Morales à Matteo Salvini… et au « frère » Jair Bolsonaro

Commençons par la fin : le dimanche 13 janvier 2019, un avion transportant des policiers et des agents des services de renseignement italiens a atterri à l’aéroport de Viru Viru, à Santa Cruz de la Sierra, capitale de l’« Orient » bolivien. Il en est reparti avec à son bord Cesare Battisti. Cet auteur de romans policiers est aussi un ancien membre du groupe armé dit d’extrême gauche Prolétaires armés pour le Communisme (PAC), actif pendant les « années de plomb » italiennes [du début des années 1970 au début des

Brésil. Un gouvernement dont la composition traduit des projets à prendre très au sérieux

Le mardi 1er janvier 2019, est entré en fonction l’ancien capitaine de l’armée brésilienne, Jair Messias Bolsonaro, nommé président dans un processus électoral controversé dans lequel son principal opposant, le représentant de Lula da Silva, Fernando Haddad [qui avait perdu des élections à la mairie de São Paulo, en octobre 2016, face au représentant, João Doria, du PSDB, parti historique de la post-dictature, avec un résultat misérable de 17 %] a été battu (avec 44,7 % des suffrages) alors que Lula avait été et restait emprisonné [depuis avril 2018]. Cela suite à un

Brésil. Comprendre les racines d’un régime autoritaire : une des conditions pour organiser une résistance

Nous publions ci-dessous la traduction de l’intervention de Rodrigo Claudio à Lausanne le 21 novembre, membre de la direction du PSOL et un des animateurs de la campagne électorale du front rassemblant diverses forces politiques et sociales qui soutenaient la candidature de Guilherme Boulos. Nous publions la totalité de son intervention, car suite à un problème technique, la traduction simultanée n’a pas pu être assurée et il a dû réduire le format de son intervention. Nous ferons de même avec l’intervention de la camarade Sonia Lucio. (Réd. A l’Encontre) ***** Bonsoir

Bolsonaro Président : comment en est-on arrivé là ?

57 millions de brésiliens ont élu un apprenti dictateur, président de la première puissance régionale latino-américaine. Un juge, Sergio Moro, grand pourfendeur de la corruption,  célébré pour son « indépendance » et sa « probité » a accepté sans hésitation le poste de Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique que lui a proposé le nouveau président favorable à la torture, à la peine de mort, à la généralisation du port d’armes , qui profère des insultes sexistes, homophobes et racistes. Depuis 2014, Sergio Moro a  enquêté de façon très sélective sur