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Vive la Gauche écosocialiste !

La réunion nationale d’Ensemble Insoumis·e des 25 et 26 juin 2022 a affirmé dans sa déclaration ” Nous avons donc besoin d’un courant politique pluraliste, anticapitaliste, écologiste, antiraciste, antifasciste, féministe et internationaliste, appuyé sur un collectif militant organisé, autonome politiquement et financièrement, impliqué collectivement dans la FI/UP et la NUPES. Ce courant organisé ne se limite pas à ce que nous sommes aujourd’hui, nous voulons le co-construire avec toutes celles et ceux – individus et collectifs militants – qui partagent ces objectifs. “ En guise de première étape, Ensemble Insoumise

A propos d’un texte de Daniel Tanuro

Le texte de Daniel Tanuro (https://gauche-ecosocialiste.org/croissance-inegalitaire-ou-decroissance-juste-le-debat-est-ouvert/ ) tombe dans le travers des partisans de la décroissance qui est de se focaliser sur la croissance du PIB. Le PIB est une mesure de nature monétaire (ou assimilée).  Ainsi par exemple, une extension (diminution) de la sphère de la gratuité peut faire baisser (augmenter) le PIB sans que le mode de consommation et de production change en quoi que ce soit. La question n‘est pas de savoir si le PIB doit croître ou pas, mais de déterminer concrètement ce qui doit croître

Croissance inégalitaire ou décroissance juste : le débat est ouvert

Il y a vingt-cinq ans, la “décroissance” était conçue par ses partisans comme un “mot obus” porteur d’une charge idéologique floue : Serge Latouche et ses partisans disaient vouloir “changer les imaginaires” pour “sortir de l’économie et du développement”… On débat à nouveau de décroissance aujourd’hui, mais à partir de prémisses plus rigoureuses. Face à la catastrophe climatique, en effet, nombre de spécialistes ne croient plus à la possibilité de concilier baisse des émissions de CO2 et accroissement du PIB. Selon eux, le climat ne peut être stabilisé sans diminuer la consommation globale

Chien de garde des fossiles, l’AIE pose les pièges du “zéro émissions nettes”

Depuis sa création en 1948, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) est le chien de garde du grand capital fossile. En dépit des avertissements des scientifiques, elle continue imperturbablement, depuis des décennies, à produire des documents qui laissent la bride sur le cou aux multinationales énergétiques et conduisent dès lors tout droit à la transformation de la catastrophe climatique en cataclysme. Or, voilà maintenant que l’Agence sort un rapport spécial qui plaide pour une réduction sévère et très rapide de la combustion de charbon, de pétrole et de gaz naturel(1). S’inscrivant

Face à la pandémie : écosocialisme ou darwinisme social ?

Les zoonoses ne sont pas une nouveauté. La peste qui a fait des ravages dans l’antiquité et au moyen-âge était une zoonose. Ce qui est nouveau, c’est qu’un nombre croissant de maladies infectieuses sont zoonotiques. En trente ans, leur part est passée de 50% environ à 70%. (1) Trois quarts des nouveaux agents pathogènes présents chez l’humain proviennent d’espèces animales. Le SIDA, le Zika, le Chikungunya, Ebola, le H1N1, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, le H5N1, le SARS, la maladie de Creutzfeldt-Jakob et la COVID19 sont des zoonoses. La croissance des zoonoses

Entretien avec Daniel Tanuro

En 2010 tu as publié « L’impossible capitalisme vert » (Ed. la Découverte). Qu’est-ce qui t’a poussé à écrire « Trop tard pour être pessimistes » (Ed. Textuel) dix ans plus tard ? Plusieurs éléments. Premièrement, j’ai voulu souligner la justesse du diagnostic posé dans « L’impossible capitalisme vert » : il y a un antagonisme irréconciliable entre la dynamique d’accumulation inhérente au mode de production capitaliste, d’une part, et les limites écologiques de la planète, d’autre part. Cet antagonisme crève les yeux dans le dossier climatique : d’un côté, les énergies renouvelables sont en pleine expansion et le

Climat : l’issue est dans la lutte, pas dans les COP !

L’échec retentissant de la Conférence de Madrid sur le climat jette un éclairage cru sur l’incapacité du système capitaliste de conjurer la menace climatique. Les solutions ne sortiront pas des COP mais de la mobilisation sociale, des luttes des peuples contre l’exploitation et l’oppression. En 25 ans d’existence, les COP n’ont débouché sur aucune mesure efficace et juste pour empêcher la « perturbation anthropique dangereuse » du climat de la Terre contre laquelle les scientifiques mettent en garde depuis des décennies, de façon de plus en plus précise et pressante. Le résultat

Un document de DSA (USA) : “An Ecosocialist Green New Deal : Guiding Principles”

L’humanité est désormais confrontée à une crise existentielle. L’activité humaine est responsable d’un dérèglement climatique désastreux, du 6e avatar d’une extinction de masse à l’échelle de la planète, déclenchant des pertes en matière de biodiversité qui atteignent un point critique. Nous sommes déjà condamnés à un réchauffement climatique qui aura des effets catastrophiques, et nous sommes sur une pente glissante, qui peut mener à notre propre extinction. Le rapport du GIEC de 2018 nous prévient sans équivoque : « sans une transformation sociétale, sans une mise en place rapide de mesures ambitieuses

Travailler deux heures par jour pour sauver le climat

On l’a répété souvent dans ces colonnes : indispensable à court terme pour éviter le cataclysme climatique de la « planète étuve », le passage des fossiles aux renouvelables n’est pas possible sans une réduction substantielle de la production et des transports. Il faut en effet changer complètement de système énergétique, cela demande de gigantesques investissements, ceux-ci sont consommateurs d’énergie et cette énergie, à l’heure actuelle, est à 80% fossile, donc source d’émissions. En d’autres termes : sans réduction très forte dans d’autres secteurs, la transition énergétique fera exploser les émissions de

En défense de Greta Thunberg

La jeune suédoise Greta Thunberg fait face à un déferlement de haine exceptionnel qui se traduit par les attaques machistes les plus viles, les insinuations les plus sordides sur sa santé mentale, les calomnies les plus basses sur son autonomie, et même des appels à peine voilés à la mort(1). Auteur notamment de L’impossible capitalisme vert et de nombreux articles pour Contretemps, Daniel Tanuro revient sur cette campagne qui a commencé immédiatement après que les médias aient monté en épingle l’action de la jeune fille qui accuse les milieux d’affaires d’être responsables du changement climatique et

« L’équilibre avec la nature n’a jamais existé, …»

Tribune. Dans un point de vue paru dans Le Monde, l’éthologue Pierre Jouventin et l’économiste Serge Latouche reviennent sur la crise écologique et ses conséquences dans les rapports entre les êtres humains et la nature (« L’homme peut-il se reconvertir de prédateur en jardinier ? », Le Monde du 30 juillet 2019). Nous partageons avec eux le constat de l’urgence de la situation illustrée entre autres par le fait que le « jour du dépassement », c’est-à-dire le jour où toutes les ressources renouvelables de la planète pour 2019 ont été épuisées, arrive chaque année de

De l’économie du socialisme à la planification écologique

La réflexion sur un calcul économique permettant de prendre en compte les contraintes environnementales pourrait avantageusement se nourrir de débats déjà anciens sur l’économie du socialisme. Le livre d’Eugène Préobrajensky, La nouvelle économique, va faire l’objet d’une nouvelle édition. C’est la rédaction d’une nouvelle introduction à cet ouvrage qui a fait apparaître une continuité possible entre les théories anciennes du socialisme et l’élaboration d’un écosocialisme. Dans son livre, publié en 1926, Préobrajensky cherche à poser en termes théoriques les principes de fonctionnement d’une économie socialiste. Il avance cette belle formule :