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Migrations, puisqu’on en parle….

Est-ce que les migrant-e-s divisent la classe prolétaire, permettant au Capital de baisser les salaires ? Est-ce que « personne » ne quitte son pays natal volontairement ? Sur le moyen terme, l’immigration est-elle « une chance » pour le pays qui l’accueille ? Et enfin, pourquoi s’interroger sur ces questions conduirait-il obligatoirement à l’injonction de chasser les migrant-e-s et à fermer les frontières ? La réponse à la dernière question est délicate. En effet, sous la pression d’extrême-droite montante en Europe, le débat raisonné semble impossible. En pratique, l’air de ce qui est dit l’emporte sur les

Populisme de gauche, du nouveau ?

Le dernier livre de Chantal Mouffe, Pour un populisme de gauche[1],offre l’occasion de faire le point sur les fondements, les évolutions et les problèmes de ce qui se présente comme une nouvelle stratégie pour la gauche[2]. On envisagera cet ouvrage en le replaçant dans la lignée d’autres écrits, en particulier le livre fondateur d’Enersto Laclau La raison populiste[3]. Une conception tronquée de la politique Tout au long de ses écrits, Chantal Mouffe dénonce à juste titre l’illusion d’une politique sans conflits. Elle critique les conceptions consensuelles de la démocratie en affirmant « la

Catalogne. « Définir une nouvelle stratégie et faire le bilan de l’ancienne »

Le discours du président de la Généralité de Catalogne, Quim Torra, du 4 septembre 2018, suscitait des attentes pour savoir si, ayant consulté Puigdemont, les prisonniers, les partis et les entités indépendantistes, cela allait lui permettre d’annoncer un programme commun. Après l’avoir entendu, aucun de ces acteurs ne l’a critiqué ouvertement, à l’exception de la CUP (Candidature d’unité populaire), mais ils n’ont néanmoins pas pu dissimuler leur manque d’enthousiasme au vu de l’inexistence d’une feuille de route et en constatant qu’il s’agissait d’un accord de circonstances, ou pour le formuler encore mieux,

Après le 8 septembre, ouvrir des perspectives pour les luttes climatiques

Historique ! La journée du 8 septembre dernier a marqué contre toutes attentes la rentrée des mobilisations, alors que peu de signes laissaient présager encore quelques jours auparavant une telle déferlante. Historique, parce que si depuis une grosse dizaine d’années, les mouvements sociaux, écologistes et altermondialistes tentaient de réussir une telle mobilisation pour le climat, jamais autant de personnes ne s’étaient réunies en France pour tirer la sonnette d’alarme et en appeler à des mesures politiques sur cette question. Le précédent lors de la COP21 à Paris à l’hiver 2015 aurait

Suède. « Ouvrir la porte à l’extrême droite »

Les élections législatives ont eu lieu ce dimanche 9 septembre en Suède et cet article a été écrit avant. Les résultats ont été les suivants : SAP (social démocrate au pouvoir) 28,4 % (-2,6), Modérés (conservateurs) 19,8 % (-3,5), DS (extrême droite) 17,6 % (+4,7), Centre 8,6 % (+2,5), Parti de Gauche (éco socialiste) 7,1 % (+1,4), KD (Chrétiens démocrates) 6,4 % (+1,8), Libéraux 5,5 % (=), Verts 4,3 % (-2,6). Le Parti de Gauche a 28 député-es. Le sociologue Walter Korpi a dit un jour en riant que «la révolution

Clémentine Autain : « Je ne suis pas convaincue par l’approche de Sahra Wagenknecht »

La gauche doit-elle réviser son logiciel sur l’immigration ? Entretien avec Clémentine Autain, députée de la France insoumise. En Allemagne, Sahra Wagenknecht dit vouloir en finir avec la « bonne conscience » de la gauche sur la question migratoire. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Je revendique ma bonne conscience de gauche ! Je ne veux pas en finir avec la recherche de cohérence entre les discours, les actions, d’une part, et les principes éthiques, l’horizon émancipateur, d’autre part. Sur la question migratoire, comme sur d’autres, je suis animée par un idéal

USA : présentation de quelques enjeux des élections de mi-mandat

Aux États-Unis, ce sont les États qui sont responsables des élections même de la présidentielle. Il y a donc des différences dans cette gestion, d’un État à l’autre. Parfois importantes, parfois négligeables. Chaque élection est précédée de « primaires » et/ou caucus dont les Partis politiques sont responsables. Là aussi il y a des différences d’un État à l’autre parce que ce sont les instances des Partis dans les États qui établissent les règles. Les primaires sont, grosso modo comme nos assemblées d’investitures mais ouvertes plus largement soit à tous et toutes

Action parlementaire et luttes sociales au Portugal

Le Bloc de gauche s’est formé il y a une vingtaine d’années au Portugal, par la fusion de forces issues de la gauche anticapitaliste et du mouvement social. Il est aujourd’hui, avec le Parti communiste, la principale formation de la gauche combative du pays. En partant de l’expérience du Bloc, Francisco Louça, dresse ici un bilan des relations toujours problématiques entre travail d’opposition parlementaire et investissement au sein des mouvements et des mobilisations sociales. 1 La présence et la référence institutionnelles ont été le point le plus fort de l’intervention

Grèce. Le « retour sur les marchés » ou la poursuite de la « purge sociale » ?

Le 21 août 2018, Alexis Tsipras a choisi l’île d’Ithaque pour y « célébrer » la fin des programmes de « sauvetage » de la Grèce. Il a parsemé son discours de références à l’Odyssée d’Homère pour souligner le droit de son parti (Syriza) à diriger le pays dans le contexte de l’ère nouvelle qui s’ouvre, prétendument. Le choix est malheureux. Dans le récit d’Homère, l’aventure aboutit effectivement à une sorte de «fin», avec le retour à Ithaque, mais le roi Ulysse est le seul survivant. La flotte, les équipages et tous ses

La bonne volonté suffit-elle ? A propos du manifeste de DIEM 25 sur l’Europe…

Fondé par l’ancien ministre des finances grec Yanis Varoufakis, DIEM 25 se veut un « mouvement pan-européen des démocrates ». Son « Manifeste pour démocratiser l’Europe » se veut une critique sans concession de l’Union européenne actuelle, de son fonctionnement antidémocratique, de « l’escalade de l’autoritarisme » européen qui a suivi la crise de 2008 et de « l’abime de l’austérité compétitive ». Il analyse justement le fait que « la xénophobie envers les non-Européens suit la mort de la solidarité intra-européenne ». Dans cette situation, les européens seraient « déchirés entre les deux termes d’un faux choix : se replier

Qui veut la peau de l’UE ?

La construction européenne apparaissait un processus irréversible. Tout concourt aujourd’hui à penser le contraire. Par une combinaison de facteurs dont le produit est finalement extrêmement inquiétant. La catastrophe annoncée et les moyens de la conjurer ? L’Union européenne est sans conteste le pôle faible de la mondialisation. Dans l’ancien contexte géopolitique marqué par une suprématie américaine acceptée sur le plan militaire, et par le consensus de Washington sur le plan économique, cette faiblesse était finalement peu handicapante. L’UE s’est élargie (de 12 États membres à 28) et a approfondi sa construction

La campagne de Québec solidaire….

La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a dévoilé le slogan et certaines pancartes électorales de son parti. « Populaires » : c’est le slogan choisi par Québec solidaire pour mener la prochaine campagne électorale. Plus qu’une simple formule, « populaires » résume bien le projet solidaire », a indiqué Manon Massé devant la foule de militants-e-s réunis-e-s lors du lancement de la campagne d’Andrés Fontecilla. « Populaires », c’est aussi à l’image de nos idées qui répondent aux vrais problèmes des gens. Ce que ça dit, ce slogan-là, c’est que plus que jamais, notre mouvement transcende les étiquettes.

Jeremy Corbyn, les Palestiniens et l’antisémitisme…

Depuis des mois, Jeremy Corbyn est l’objet d’une campagne orchestrée par le lobby pro-israélien au Royaume-Uni avec l’appui de la droite de son propre parti (le Parti travailliste) et du Parti conservateur. Il est accusé régulièrement d’antisémitisme. Celui qui est ainsi visé est l’un des dirigeants politiques européens à avoir dénoncé constamment et sans fléchir, malgré tous les chantages, l’occupation israélienne, les assassinats à Gaza, la politique du gouvernement de Benyamin Nétanyahou. Le dernier épisode de ces polémiques remonte à quelques jours et est rapporté, en termes plus que discutables, par le quotidien Le

Andalousie. Entretien avec Teresa Rodriguez

Les dernières semaines de Teresa Rodriguez ont été d’une activité intense : présentation du projet « En Avant Andalousie » dans différentes provinces, des primaires au sein de Podemos Andalousie avec remise en cause de la part de la direction fédérale de son parti qui a fini par la confirmer en tant que leader de cette formation et clôture de la période d’activité du Parlement Andalou. Ces éléments étant déjà presque révolus, nous allons nous pencher sur certains moments clefs de ces processus. Tu as été réélue avec les trois quarts des votes

Danemark : pour ou contre l’UE ?

Le débat au Danemark à propos de l’Union européenne tend à se résumer à la question « Pour ou contre ? » En dernière instance, il s’agit de se demander s’il faut demeurer dans l’UE ou la quitter, mais le plus souvent, la discussion porte sur le pouvoir de l’UE (en a-t-elle trop ou pas assez ?), et donc sur le niveau de décision politique, européen ou national. Le scepticisme des électeurEs vis-à-vis de l’UE s’est reflété dans plusieurs référendums à propos des options de retrait du pays [exceptions au droit de l’UE]. Depuis