La déception était plus que palpable dimanche 28 juin à Toulouse au QG de la liste Archipel. Antoine Maurice, tête de liste (membre d’EELV) était devancé de presque 4 points par le maire sortant, JL Moudenc (LR soutenu par LREM). Grande déception donc et incompréhension car l’espoir était fort de l’emporter pour les candidat-e-s et les soutiens de la liste Archipel citoyen. En effet jusqu’à la veille du scrutin, même avec un tout petit écart, la liste d’Archipel était donnée gagnante devant le maire de droite. Que s’est-il donc passé ?
Réflexions insoumises
Marseille : l’espoir et la voie de la réussite
Enfin ! Il eût été politiquement et moralement insupportable que la Droite s’en sorte à Marseille après 25 ans d’un règne calamiteux. L’espoir s’ouvre avec l’élection de Michèle Rubirola. Mais les défis sont immenses, et il lui reste à affermir l’ancrage populaire. La fin de règne de la Mairie Gaudin s’est apparentée à un chemin de croix. D’abord pour celles et ceux qui l’ont payée de leur vie avec l’écroulement des immeubles de la rue d’Aubagne. Mais aussi pour la Droite, confrontée à son bilan désastreux, et à une levée
La seconde mort du néolibéralisme
Les bégaiements de l’histoire tournent souvent à la farce, mais ce n’est pas toujours le cas. La séquence ouverte en 2008 fut tragique. La plus grande crise financière depuis 1929 précipita les économies de l’Atlantique nord dans une grande récession dont l’onde de choc culmina, sur le flanc gauche, par le blocus monétaire de la Grèce et la reddition de Syriza puis, sur le flanc droit, par le basculement d’une série de pays, dont les États-Unis et la Grande Bretagne, de l’extrême-centre vers un nouveau genre de nationalisme. La séquence
La Convention pour le climat entrouvre la porte à des régulations volontaristes
Cent cinquante citoyen.ne.s de l’Hexagone ont été tiré.e.s au sort pour composer une « convention pour le climat » chargée de suggérer au gouvernement et au président de la république des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030, dans un esprit de justice sociale. Riposte au mouvement des Gilets jaunes et aux manifestations pour le climat, cette initiative d’Emmanuel Macron était une manœuvre cousue de fil blanc : il s’agissait, pour le locataire de l’Elysée, de créer une atmosphère d’unité nationale,
Contribution aux débats de l’Assemblée représentative de la France Insoumise (juin 2020)
La crise du Covid-19 a été un révélateur des impasses du capitalisme libéral. En France, nous avons assisté à la faillite du gouvernement Macron à prendre les mesures sociales, sanitaires et économiques qui s’imposaient, bloqués par leur idéologie néolibérale et préférant se contenter de discours creux plutôt que d’actes concrets. Une deuxième phase de la crise arrive, celle d’une accentuation de la crise économique avec à la clé des plans de licenciements massifs, sans évoquer les risques potentiels de rebonds de l’épidémie. Pour masquer son incapacité à répondre à la
Déboulonner Bugeaud ? Ce ne sont pas les raisons qui manquent !
L’assassinat raciste de Georges Floyd a relancé aux Etats Unis mais aussi en Europe la question des anciens esclavagistes et autres colonisateurs honorés par des noms de rues et/ou des statues. À Périgueux comme à Excideuil, l’honneur fait au Maréchal Bugeaud doit être mis en question. Il faudrait, nous dit-on, donner la parole aux historiens ? Ils l’ont prise et les faits sont établis. Non seulement Bugeaud a été comme bien d’autres sabreurs de son siècle un colonisateur de l’Algérie, mais il a été un maître de la politique de
Le capitalisme sur le fil du rasoir
L’expérience de notre génération : le capitalisme ne mourra pas de mort naturelle. Walter Benjamin [1] L’avenir, tu n’as point à le prévoir mais à le permettre. Antoine de Saint-Exupéry [2] Cette contribution, dont le titre est emprunté à l’OCDE [3], porte en fait (pour filer la métaphore) sur un rasoir multi-lames. Nous cherchons à montrer, d’abord qu’une reprise synchronisée est hors de portée, et que la forme qu’elle prendra est une question éminemment sociale [4]. Le virus était-il dans le fruit ? Le coronavirus n’est pas venu attaquer un
Anticapitalistas quitte Podemos. Entretien avec Raúl Camargo
Le 14 mai dernier Anticapitalistas, composante fondatrice de Podemos et courant historique de la gauche radicale de l’Etat espagnol lié à la IVe Internationale, a rendu public son départ de Podemos[1]. En réalité cette décision était actée depuis le 28 mars lorsque, dans un processus de consultation interne, dans lequel 79 % des militantes et militants ont participé, 89 % d’entre elles se sont prononcées en faveur d’une sortie de Podemos (3 % contre et 7,5 % d’abstentions). La survenue de la pandémie Covid-19, qui a durement frappé l’Etat espagnol et en particulier les secteurs
Amérique du Sud. Fragmentation et incertitude.
L’Amérique du Sud se dirige-t-elle vers une « nouvelle normalité » ou la pandémie de Covid-19 n’est-elle qu’une parenthèse tragique dans sa « normalité de toujours » ? Y aura-t-il des effets sociopolitiques majeurs ou seulement des conséquences politiques à court terme ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais un coup d’œil sur la région montre que la lutte contre la pandémie est assaillie par les mêmes vieux problèmes et les mêmes vieilles difficultés pour y faire face : des systèmes de santé érodés et très inégaux
Sauver l’emploi, oui, le transport aérien, non !
Le secteur aérien est une des principales victimes de la pandémie qu’il a contribué à propager. Début avril, le nombre global de vol était 80% plus bas qu’un an plus tôt au même moment. Près de la moitié des compagnies dans le monde sont aujourd’hui menacées de faillite. Depuis le début de la crise, l’Association internationale du transport aérien (IATA) a révisé quatre fois ses prévisions sur l’évolution du chiffre d’affaires du secteur. En mars, elle tablait sur une crise limitée à trois mois, entraînant une perte de 252 milliard
Automobiles et transports par route : tout doit changer !
En quelques jours, une avalanche d’annonces (fermetures d’usines, suppression de 15 000 emplois chez Renault) nous place dans un « monde d’après » dramatique. Alors que la crise sanitaire n’est pas terminée, la crise sociale fait des ravages. Brutalement, une crise s’ajoute à la précédente. Mais l’épidémie ne l’a pas amplifiée : les annonces avaient été différées. L’automobile mondiale, longtemps au cœur de l’expansion capitaliste d’après-guerre, traverse une crise sans issue. Tout, absolument tout, doit changer dans cette industrie dont toute la chaine productive est incompatible avec une société se
« Agréger les forces individuelles et collectives qui veulent ouvrir une perspective émancipatrice »
Entretien avec Clémentine Autain ContreTemps : À l’heure où nous parlons, la crise sanitaire a complètement recouvert le contexte politique précédent avec notamment la lutte contre le projet Macron de réforme des retraites. Macron vient lui-même d’effacer en quelque sorte cette séquence par un moratoire. La réforme de l’assurance-chômage est reportée de 6 mois, etc. Comment analyses-tu cette nouvelle phase ? Macron pourra-t-il revenir en arrière ? Clémentine Autain : Nous sommes totalement concentrés sur la crise sanitaire. C’est un évènement tragique inédit qui bouleverse tout. Entre la peur de la mort et la
Retour à Athènes
Les éditions Syllepse avaient programmé la sortie de l’ouvrage d’Éric Toussaint – « Capitulation entre adultes » (1) – pour le mois de mars 2020. Depuis, nous avons connu le confinement, la fermeture des librairies, l’absence d’activités publiques militantes qui, bien souvent, sont autant d’occasions… d’acheter des livres. Les notes qui suivent visent donc essentiellement à convaincre que ce livre constitue une contribution essentielle aux débats qui traversent la gauche et que, en conséquence, il est possible et même indispensable de l’acheter et, surtout, de le lire ! Un brin provocateur, le