J’ai lu ce matin avec attention la longue interview donnée par Jean-Luc Mélenchon au quotidien Libération. En exergue, une proposition nouvelle du leader a sonné comme un bougé stratégique : JLM met en débat la création d’une Fédération populaire que la France Insoumise pourrait proposer au lendemain des élections européennes. Il s’adresse au peuple et aux autres forces de gauche, si l’on suit le fil des questions de Laurent Joffrin et des réponses de Jean-Luc Mélenchon. Tout le monde perçoit bien le problème : une gauche autour de 30 %
Réflexions insoumises
Le service national universel est une arnaque !
Le gouvernement met en place son projet d’encadrement des jeunes. Au programme, uniforme, morale et précarité. Mercredi, le secrétaire d’État Gabriel Attal a fait poser en uniforme bleu marine et cocarde tricolore les premier-e-s participant-e-s au service national universel (SNU). Le programme sera lancé en juin avec 3 000 volontaires. À terme, il sera imposé à 800 000 jeunes par an. Faire son SNU sera obligatoire après la classe de troisième et le certificat sera exigé pour passer le bac et le permis de conduire. Faire la morale aux jeunes
Avril 1974 : il y a 45 ans, le Portugal en révolution.
Le 25 avril 1974, la diffusion sur les ondes de Radio Renaissance de « Grândola villa morena » (note 1) donne le signal de ce que l’on va appeler la Révolution des œillets. A l’origine, il s’agit d’une sorte de coup d’État organisé par une partie de l’armée regroupée au sein du Mouvement des Forces Armées (MFA). Leur objectif initial est d’en finir avec ce qui est alors la plus vieille dictature en Europe (note 2), de moderniser le pays et, surtout, de trouver une issue rapide aux guerres coloniales que mène
Le mouvement climat, un espoir en construction
Le 15 mars, une mobilisation inédite a vu le jour. Face à la catastrophe annoncée, environ 1,5 million de jeunes dans le monde sont descendu.e.s dans la rue pour défendre le climat. Pour la première fois, le changement climatique n’a pas fait la une pour ses effets dévastateurs ou pour une énième conférence internationale inutile sur le sujet. Cette fois-ci, c’est la jeunesse qui est entrée en scène pour s’opposer à l’inaction des dirigeants politiques. Une étape a été franchie. Parce qu’il apporte une réponse à la vague réactionnaire mondiale
Le projet de loi Dussopt vise à porter le coup de grâce à la Fonction Publique
La Fonction Publique a déjà été bien affaiblie par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux de l’ère Sarkozy. La Fonction Publique d’État a ainsi perdu 10% de ses effectifs depuis 2005 et on recense aujourd’hui 185 000 contractuels en plus sur les trois fonctions publiques. Entre janvier 2000 et aujourd’hui, le gel du point d’indice a induit une baisse de 16 % du pouvoir d’achat des fonctionnaires. Conséquences de ces politiques : moins de service public pour les administrés, précarité, souffrance au travail et « burn out » pour les salariés. Mais
2ème Assemblée des assemblées des Gilets jaunes : ancrer le mouvement dans la durée
Cette 2ème assemblée des assemblées (ADA) a été organisée à Saint-Nazaire deux mois après celle de Commercy qui avait constitué un moment important du mouvement des GJ en réunissant environ 75 délégations et autour de 300 personnes. Saint-Nazaire est une ville importante au sein du mouvement des Gilets Jaunes, grâce notamment à l’ouverture de la maison du peuple en décembre dernier, qui est rapidement devenu un lieu d’auto-organisation, de rencontres, de préparation des mobilisations ; et donc d’accueil de cette deuxième ADA. Celle-ci a permis de faire un bilan de l’état
« Bouteflika et El-Béchir ne sont que le sommet de l’iceberg »
Le professeur de relations internationales et politiques Gilbert Achcar redoute des transitions difficiles au Soudan et en Algérie au vu des expériences passées, en Libye ou en Egypte notamment. Interview par Luc Mathieu. Peut-on parler d’un nouveau printemps arabe ? Il y a effectivement une nouvelle poussée révolutionnaire en Algérie et au Soudan. Il ne faut pas non plus oublier qu’il y a depuis l’année dernière des épisodes de révolte sociale en Tunisie, au Maroc et en Jordanie. On voit donc les signes d’une nouvelle montée révolutionnaire. Mais depuis 2013, nous sommes aussi dans une
« La Macronie joue avec le feu »
Confronté à une colère sociale et une crise politique inédites, le pouvoir en place doit imposer son récit. Pour justifier l’entêtement aveugle du président de la République, deux jeunes Marcheurs de la première heure publient un ouvrage, Le progrès ne tombe pas du ciel, aux allures de manifeste. Ismaël Emelien et David Amiel, anciens conseillers d’Emmanuel Macron, affirment que l’affrontement politique se jouerait désormais entre deux camps, ‘progressistes’ versus ‘populistes’. Prenant appui sur le contexte international, l’appel à fédérer les autoproclamés ‘progressistes’ viserait à contrer les ‘populistes’ tels que Salvini, Trump ou Bolsonaro. L’emploi
L’Union Européenne facteur de progrès pour l’environnement ?
Le 26 mai prochain, les élections européennes 2019 auront une dimension particulière, d’abord du fait qu’elles se déroulent avec un scrutin de liste nationale en France mais aussi car elles seront marquées par la double irruption démocratique et écologique. D’une part, la question des choix populaires vis à vis du modèle de coopération entre les peuples européen est clairement posée, le Brexit en est un des symptômes, dans une tension de plus en plus vive entre politiques d’austérité et politiques d’autorité. D’autre part, la prodigieuse et irresponsable défaillance des élites
Algérie : ce n’est qu’un début
La démission de Bouteflika est une immense victoire politique, remportée en dépit d’une ultime manœuvre du président démissionnaire qui, en échange de son renoncement à candidater à un cinquième mandat, cherchait jusqu’ici à piloter une transition contrôlée afin d’assurer la perpétuation du régime autoritaire-libéral à façade démocratique en place depuis trois décennies. En effet, dans sa lettre du 11 mars au peuple algérien, Bouteflika, prenant acte de son échec à passer en force pour un cinquième mandat : – renonçait formellement et officiellement à se présenter à la présidentielle, – annulait
« Un festival de bobards » : Jean-Michel Blanquer sait de quoi il parle !
Au lendemain des manifestations du samedi 30 mars contre sa politique, le ministre de l’Education nationale, quelque peu échaudé, expliquait aux médias que les directeurs-trices d’école ne sont pas menacé-es. Pourtant, l’article 6 de la loi Blanquer, votée à l’Assemblée et qui sera présentée au Sénat mi-mai, crée des Établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux, regroupant les écoles et le collège d’un secteur, sous la responsabilité du Principal du collège. Cette mesure a cristallisé la colère dans les écoles qui devraient faire face à une nouvelle mutualisation des moyens
Camouflet pour Erdogan
Le 31 mars 2019 se déroulaient les élections locales en Turquie. Il s’agissait de renouveler les maires, conseils municipaux, conseils départementaux, délégués de quartiers et de village (muhtar) du pays moins d’un an après les élections législative et présidentielle de juin 2018. Ce scrutin a été un camouflet pour le président Erdogan et la coalition qui le soutient composée de son parti l’AKP (Parti de la Justice Développement capitaliste-nationaliste-réactionnaire) et son allié ultranationaliste du MHP (Parti de l’Action Nationale). Après un moment de flottement, la réaction ne s’est pas fait
Mars 1904, il y a 115 ans, le tournant de l’affaire Dreyfus
C’est en effet en mars 1904 que commence le processus qui aboutira deux ans plus tard à l’annulation de la condamnation d’Alfred Dreyfus, puis à sa réhabilitation. L’Affaire En décembre 1894, à huis clos, le Conseil de Guerre condamne le capitaine Dreyfus, pour haute trahison, à la dégradation et à la déportation en Guyane. Il est accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne. Il est dégradé et envoyé au bagne. Très rapidement, l’État-major est mis au courant du fait que les « preuves » qui ont servi de base à la condamnation de
L’élue socialiste qui dynamite la scène politique américaine
Plus jeune femme jamais élue au Congrès des États-Unis, bête noire de la droite conservatrice, égérie de la gauche progressiste et véritable épine dans le pied de l’establishment démocrate, Alexandria Ocasio-Cortez déchaîne les passions et bouscule la scène politique américaine. Portrait de la nouvelle star de la gauche radicale, par Politicoboy (ici). Le 6 janvier 2019, la chaîne CBS diffuse en avant-première un extrait « explosif » de son interview « 60 minutes avec Alexandria Ocasio-Cortez ». Pressée d’expliquer comment elle compte financer son « green new deal », la jeune élue du Bronx évoque la possibilité d’une nouvelle