La colère sociale a trouvé avec le mouvement des « gilets jaunes » une expression inédite. Le caractère néopoujadiste et antifiscaliste qui semblait dominer il y a encore quelques semaines et les tentatives d’instrumentalisation de l’extrême droite et de la droite extrême ont été relativisés par la dynamique propre du mouvement, qui s’est considérablement élargi, et la conscience que les taxes sur l’essence étaient « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Quelques dérapages homophobes ou racistes, certes marginaux mais néanmoins détestables, et des incidents quelquefois graves n’en ternissent pas le sens.
Réflexions insoumises
Portugal : « C’est le moment de se montrer exigeant-e-s »
Le 11 ème Congrès du Bloco de Esquerda s’est clos les 10 et 11 novembre 2018, faisant le bilan de l’attitude du parti vis-à-vis de la « geringonça »1 et esquissant les perspectives d’action européenne et nationale. Les principaux résultats de ce congrès sont les suivants : la motion majoritaire, « Renforcer le Bloco pour changer le pays » confirmant la ligne d’action suivie depuis le précédent congrès, a été très largement adoptée avec 459 voix, contre 40 pour la motion M et 9 pour la motion C. Celle qui l’avait présentée, Catarina Martins, 45
Penser l’immigration : Olivier Besancenot et Danièle Obono
Pourquoi cette rencontre ? Parce que trois tweets. Le premier, signé Jean-Luc Mélenchon : « Nous disons : honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux1 ! » Le second, quatre jours plus tard, en réponse au précédent et signé Olivier Besancenot : « Ce ne sont pas les immigrés qui font pression sur les salaires, mais le taux de profit que les capitalistes extirpent du travail des salariés, français ou immigrés, en France comme dans le monde entier. » Le troisième, enfin, signé
Bolsonaro Président : comment en est-on arrivé là ?
57 millions de brésiliens ont élu un apprenti dictateur, président de la première puissance régionale latino-américaine. Un juge, Sergio Moro, grand pourfendeur de la corruption, célébré pour son « indépendance » et sa « probité » a accepté sans hésitation le poste de Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique que lui a proposé le nouveau président favorable à la torture, à la peine de mort, à la généralisation du port d’armes , qui profère des insultes sexistes, homophobes et racistes. Depuis 2014, Sergio Moro a enquêté de façon très sélective sur
L’Arlésienne du financement de la transition écologique
La crise écologique étant aujourd’hui avérée, tous les discours officiels, qu’ils proviennent des gouvernements, des institutions internationales et même des plus grandes entreprises multinationales, assurent de la volonté d’engager une transition écologique, notamment énergétique. Mais la réalité est moins belle. Que ce soit au niveau international pour faire entrer l’accord de Paris sur le climat en application, ou au niveau européen pour respecter l’échéancier de limitation des gaz à effet de serre, ou au niveau français avec la loi pour la transition énergétique et la croissance verte (2015), les moyens
Pétain, un vrai salopard !
Macron espérait se relancer avec sa tournée du centenaire de 14-18. C’était assez bien vu, mais c’est raté. D’abord parce que la crise sociale s’est invitée, avec les revendications sur le pouvoir d’achat et le prix de l’essence, avec la mobilisation des ouvriers de Renault, criant à Macron : « Vous n’êtes pas le bienvenu ». Mais aussi parce que le président jupitérien s’est pris les pieds dans le tapis à propos de Pétain, à qui un hommage devait être rendu en même temps qu’aux autres maréchaux français. Hommage qu’a justifié Macron, avant de
Le droit à l’emploi, pour une autre société
Une société rationnelle ne devrait pas s’accommoder du chômage de masse. Tout projet de transformation sociale doit donc viser à rendre effectif le droit à l’emploi. Cette contribution esquisse les principaux moyens qu’il faut utiliser de manière combinée pour atteindre cet objectif. Elle cherche à montrer la cohérence d’un tel projet. Raccourcis et impasses L’histoire du progrès social est une succession d’utopies réalisées. Tout processus de transformation sociale a besoin d’une perspective et d’un horizon utopique. Ce n’est pas moins vrai dans une période dominée par la régression sous toutes
17 novembre : justice sociale et fiscale, justice climatique même combat !
Depuis début novembre nous le voyons partout, au travail, dans la rue, avec nos voisins, de nombreuses colères accumulées ces derniers mois sont en train de se cristalliser autour de la mobilisation du 17 novembre. Des centaines de blocage sont organisés et ce nombre augmente jour après jour. Bien sûr, contenu de la thématique, l’extrême droite et la droite dure tentent de récupérer ce mouvement de grogne, ce début de jacquerie, mais heureusement ni leur implantation, ni leur force ne leur permettent d’être aux commandes. De notre point de vue,
Nous ne commémorerons pas la « victoire » de 1918
Nous ne commémorerons pas la “victoire » de 1918. Nous ne le ferons pas pour faire plaisir à Angela Merkel. Mais il n’est pas question d’exalter ce qui fut une hécatombe inouïe et qui inaugura un XXe siècle brutal, accouchant de tous les monstres, dont nous n’avons pas fini, hélas, de conjurer la mémoire. Quand la guerre s’achève, la question de ses causes ne se pose pas. Ce que l’on veut, ce sont des coupables. Malheur donc au vaincu ! Imposé par les vainqueurs et signé le 28 juin 1919, le traité
Travail, emploi, syndicalisme et transition
La reconnaissance de la crise climatique, de son ampleur et de son accélération, et plus largement d’une crise écologique multidimensionnelle, est l’objet depuis plusieurs années d’un relatif consensus, dont l’accord de Paris en décembre 2015 a porté la marque. Si l’Amérique de Donald Trump n’est jamais à l’abri d’une remise au goût du jour du climato-négationnisme, la question politique majeure concerne désormais la nature des réponses à la crise écologique. Dès 1974, André Gorz alertait sur le fait que malgré sa résistance, le capitalisme finirait par intégrer la contrainte écologique,
Voies et moyens de la transition écologique
Cet article part du présupposé suivant : la conversion écologique implique une phase de transition, qu’il s’agit de définir et qui implique des propositions en matière de contenu et de stratégie. La nécessité de ce type de transition est liée au fait que la conversion écologique (encadré), partie intégrante du projet d’émancipation, nécessite un changement radical de système économique, donc de rapports sociaux. Dans ce cadre, une phase de transition est nécessaire pour rendre possible la conversion progressive de la société. Cette proposition repose sur l’hypothèse fondée sur l’histoire et l’actualité
Italie, affrontement en trompe l’œil ?
Le gouvernement italien ne mérite aucune considération particulière. Dominé par l’extrême droite, il est ouvertement xénophobe, fait la chasse aux migrant.es et entame des poursuites judiciaires contre ceux qui mettent en œuvre une politique d’accueil digne comme par exemple le maire de Riace, Domenico Lucano. Mais ce n’est pas cela qui pose problème aux institutions européennes, à la Commission et aux gouvernements de l’Union. D’ailleurs Emmanuel Macron n’a pas certes les mots de Matteo Salvini mais il en a l’essentiel de la pratique contre les migrants. Non, ce qui gêne
Brésil. Il est nécessaire d’élever un mur contre le fascisme
Le dimanche 21 octobre 2018 fut un jour de haine. Dans les manifestations de rue, Jair Bolsonaro et les principaux dirigeants d’extrême droite ont aiguisé le ton de leurs discours. Ils ne cachent plus ce qui arrivera s’ils gagnent. Les menaces sont particulièrement dirigées contre la gauche. Les organisations, les partis et les mouvements sociaux sont ouvertement menacés de criminalisation, de persécution, d’arrestation et même d’élimination physique, par un éventuel gouvernement dirigé par ce capitaine fasciste. La vidéo de Bolsonaro, diffusée en direct pour la démonstration de l’Avenida Paulista [la principale