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Emeute, violence, haine : à Montpellier, l’extrême droite gâche la fête

Soccer fans celebrate after the World Cup semifinal soccer match between France and Morocco, being played in Qatar, in the center of Lyon, central France, Wednesday, Dec. 14, 2022. (AP Photo/Laurent Cipriani)
La recrudescence des violences et agressions d’extrême droite que nous dénonçons dans un précédent article (ici ) a connu un nouveau palier dans la nuit de mercredi à jeudi. Des bandes armées s’en sont pris, ou ont tenté de s’en prendre aux supporters après le match France Maroc. Ces violences,  qui prospèrent sur les discours haineux du RN et de Reconquête, font suite aux agressions commises à Lyon et à Bordeaux, notamment,  contre une conférence animée par Louis Boyard et Carlos Bilongo Martens,  députés FI. Comble du scandale, c’est maintenant Louis Boyard, que nous assurons de toute notre solidarité,  qui est la cible d’une plainte en diffamation de la part du RN. 
Ces violences doivent cesser. Pour cela elles doivent être dénoncées pour ce qu’elles sont. Le silence et la difficulté éprouvée par Gerard Darmanin à en nommer les responsables ainsi qu’à prendre les mesures qui s’imposent n’est plus tolérable.  
Nous publions ici le communiqué unitaire des organisations antifascistes de Montpellier, émis à la suite des graves incidents qui s’y sont déroulés mercredi 14 décembre.  

Hier soir, à l’occasion du match Maroc-France, plusieurs dizaines de militants nationalistes, armés et cagoulés, ont déferlé dans les rues de Montpellier dans le but d’agresser des supporters du Maroc. Quelques minutes avant la fin du match, et alors que les supporters de l’équipe de France et du Maroc font la fête ensemble, des nervis d’extrême droite montent sur la statue des Trois Grâces et commencent les provocations en scandant des chants racistes.

Loin d’être de simples débordements de supporters, leur but était clairement de mener à l’émeute sur la Place de la Comédie. D’ailleurs, d’après leurs appels et leurs revendications sur les réseaux sociaux, nous comprenons que leurs actions étaient préméditées et coordonnées avec d’autres villes en France.

Selon nos informations, des membres de Jeunes d’Oc, ex-Génération Identitaire, avec l’appui d’autres groupuscules nationalistes locaux et de la Ligue du midi, anticipaient déjà en début de soirée les attaques racistes. Plusieurs blessés ont été recensés et les agressions ont été revendiquées sur le canal d’information néo-nazi “Ouest Casual”.

Le contexte national est similaire : dans plusieurs villes les groupuscules violents sont sortis, gâchant la fête en agressant des supporters du Maroc et de la France, comme à Lyon où ils étaient une cinquantaine de militants identitaires armés. A Paris, ce sont quarante militants d’extrême droite surarmés qui ont été interpellés avant leur arrivée sur les Champs Elysées, avec une volonté évidente de passer à l’action. A Strasbourg et Annecy les groupuscules revendiquent également leur présence. Ces évènements interviennent dans un contexte local très tendu depuis plusieurs mois : attaques de locaux associatifs et syndicaux, intimidations et agressions à l’encontre de militants syndicalistes et politiques.

L’extrême droite n’hésite plus à parader à visage découvert dans la ville et passe maintenant aux ratonnades racistes. À Montpellier, nous connaissons déjà bien leur volonté et leur capacité à user de violence. L’organisation des violences d’hier soir n’ont rien à envier à l’attaque du commando d’extrême droite contre la fac de droit en 2018.

Nous ne les laisserons pas prendre le contrôle de notre ville, leurs idées et leurs organisations n’ont pas leurs places dans nos rues !

Communiqué unitaire : SUD éducation, Solidaires 34, PCF 34, LFI, GES, Révolution permanente, Jeune Garde, PG 34, On s’en mèle, Cimade, NPA jeunes 34, UCL, Le Poing levé, LDH Montpellier, CQFAD+,