On tue, on lynche, on emprisonne, on traque… Dans de nombreux pays, 2026 est déjà une année noire pour les personnes LGBTQIA+
Le 25 juillet 2026, un attentat terroriste touche la Pride de Berlin. Une morte et 29 blessé.es dans une des villes considérées comme la plus « queer friendly du monde ». Cet attentat est le paroxysme de la vague LGBTQIphobe que nous traversons. 2026 est une année noire pour les personnes LGBTQIA+.
Ce n’est pas nous qui le disons mais c’est Antonio GUTERRES lui-même qui, le 16 mai 2026, alerte dans son rapport de l’ONU1. Pour la première fois depuis dix ans, les droits des personnes LGBTQIA+ reculent. «Pour la première fois depuis des années, le nombre de pays criminalisant les relations sexuelles consensuelles entre personnes de même sexe a augmenté1.» Soit soixante-quatre pays, dont 12 où ces relations sont passibles de la peine de mort.
Un climat LGBTQIA+phobe entretenu
Depuis les vingt dernières années et suite aux luttes mondiales, les droits des personnes LGBTQIA+ ont progressé. Cette année encore, la Thaïlande a autorisé le mariage homosexuel, la dernière zone anti-LGBT est tombée en Pologne, le Botswana et Sainte-Lucie ont dépénalisé les relations homosexuelles. Mais le climat de ces dernières années a entraîné un « backlash » (retour de bâton) contre la liberté de disposer de son corps et de choisir sa sexualité. Comme le dit le rapport de l’ONU1 ou le classement international ILGA2, les personnes LGBTQIA+ sont désignées comme boucs émissaires et exposées à des risques accrus pour leur sécurité, leur santé et leur bien-être. Les personnes trans étant les plus attaquées.
Trump, Musk, Poutine et les masculinistes de tout poil et de tous pays se lâchent sur les réseaux. L’absence de régulation et de condamnation permet une explosion de contenus appelant à la haine. La plateforme Kick s’en fait même une ligne de conduite. Partout, la montée des extrêmes droites et des intégrismes s’accompagne de l’attaque des droits des personnes LGBTQIA+. Face à cela, les ONG et les associations notent une baisse des financements des structures de défense des droits. C’est le cas pour la France qui perd une place au classement ILGA2.
Un backlash mortifère
Rien que cette année 2026, nous avons assisté à de nombreux faits catastrophiques. En mars, le Sénégal vote la loi 319 qui déclare les relations homosexuelles comme des « actes contre-nature » – passibles de peines pouvant aller jusqu’à dix ans – et criminalise « l’apologie » de l’homosexualité. S’ensuivent des centaines d’arrestations mais aussi des manifestations de rue et des milliers de dénonciations. En mai, le Ghana renforce sa loi et condamne de trois à cinq ans de prison toute personne ayant fait « la promotion, le parrainage ou le soutien intentionnel d’activités LGBT + ». Les personnes sont non seulement arrêtées mais leur vie est affichée sur les réseaux, elles sont vilipendées. En juin, à Marseille le jeune influenceur Ewan a été battu et cette attaque dans un lieu public a été filmée et diffusée. Le 15 juin, à Metz, le jeune Noahm est mort victime d’un véritable lynchage de rue. Le 15 juillet, le ministre de la défense américaine a annoncé la mise en place dans l’armée de tests de virilité en mesurant les taux de testostérone. « Il ne s’agit pas d’améliorer artificiellement votre performance, il s’agit de retrouver et d’optimiser vos capacités naturelles, de préserver votre longévité, et de s’assurer que vous disposez des bases biologiques nécessaires pour tenir au combat », déclare-t-il. En Europe, malgré l’initiative citoyenne massive demandant l’interdiction des thérapies de conversion dans les pays membres de l’UE, la loi contraignante n’a pas abouti, se contentant d’une simple recommandation aux États.
Il nous faut prendre conscience de l’ampleur du backlash que les réactionnaires du monde entier sont en train d’infliger. Les extrêmes droites et les intégristes sont parfois en désaccord mais sur cette question-là, ils sont unanimes et regagnent du terrain.
D’ores et déjà, il faut
- Demander la condamnation systématique par l’ONU des États criminalisant les personnes LGBTQIA+.
- Faciliter les visas et le statut de réfugié.e pour toute personne victime de LGBTphobie.
- Augmenter les crédits attribués aux association des défense des droits LGBTQIA+.
- Lutter contre la baisse des crédits des collectivités territoriales.
- Pousser à la mise en place toujours plus généralisée de l’EVARS dans les écoles.
- Rendre visibles et dénoncer systématiquement les attaques contre les personnes LGBTQIA+.
- Faire de cette question un axe important de la campagne présidentielle.
Manue Johsua
1. Déclaration ONU. 17 mai 2026.
2. ILGA Word publie les données annuelles. 2026