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Evolution de la France Insoumise : quelques pistes pour une implantation accrue et durable.

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La publication du document « Pour une majorité populaire : renforcer la France insoumise pour gagner ! » confirme la volonté très largement partagée au sein de la France Insoumise de faire évoluer les structures du mouvement.

En effet, la forme « gazeuse » pouvait correspondre à la campagne présidentielle de la France Insoumise : pas de débat sur la légitimité du candidat, une orientation globale commune déclinée dans un programme faisant l’objet d’un effort d’élaboration poussée (en particulier avec des apports hors du mouvement en 2022), des tâches militantes en grand nombre mais dont la définition était simple et la réalisation facilitée en 2022 par l’application Action Populaire.

Toutefois, cette forme a montré ses limites en dehors du contexte crucial mais très spécifique de l’élection présidentielle en particulier en termes d’implantation durable, ce qui s’est notamment traduit par un fort turn-over militant ainsi que des difficultés lors des scrutins intermédiaires entre 2017 et 2022.

Une nouvelle séquence s’est ouverte en 2022, en particulier avec la constitution de la NUPES comme cadre politique de constitution d’une majorité. Au fond, le document « Pour une majorité populaire : renforcer la France insoumise pour gagner ! » est le pendant organisationnel de cette nouvelle séquence pour la FI. Cette volonté est positive.

Il convient de relever quelques points saillants. La première est le volontarisme affiché pour élargir l’assise territoriale de la FI avec la formulation de la nécessité de déploiement des groupes d’action, les « développeurs de la FI » à destination de ces territoires, annonce de plans d’action à venir pour gagner de nouvelles circonscriptions et, surtout, l’ouverture d’un QG de la France Insoumise dans chaque département à commencer par les 65 où ne figure aucun député FI. La deuxième est l’officialisation d’instances pérennes comme les coordinations de GA, cellule de base de la FI. La troisième est le développement de mécanismes de financement à destination du « local » en l’occurrence départementale. La quatrième est la prise au sérieux de la formation et la mise en place de structure dédiée au moins à la formation des cadres.

Il est possible de prolonger ces évolutions avec quelques pistes. L’idée fondamentale commune est que pour un mouvement populaire de masse, le renforcement de la démocratie n’est pas un obstacle à un fonctionnement efficace et à l’implantation durable mais, au contraire, un facilitateur. Nous n’entendons pas par renforcement de la démocratie, la multiplication d’instances, de règles et de procédures formelles qui seraient en réalité un obstacle à l’activité tournée vers l’extérieur et qui par ailleurs excluraient de fait celles et ceux qui ont une faible expérience politique. Il s’agit plutôt de l’existence d’instances politiques dont la composition et l’activité sont déterminées par les insoumis-e-s avec des règles simples et connues de tou-te-s. La médiation d’instances démocratiques permet des aller-retour pour s’orienter dans une situation mouvante tout en poursuivant une orientation unitaire (particulièrement la NUPES) sur une base de rupture avec l’ordre néolibéral, d’assumer un certain pluralisme et de politiser les éventuelles divergences et donc de les rendre soluble avec l’assentiment de chacun-e, en d’autres termes d’amortir les secousses inévitables en les dépersonnalisant. Cela favorise le débat et on se forme aussi par la confrontation d’idées, une confrontation qui doit rester loyale et respectueuse. Toute structuration formelle nécessitera, dans tous les cas, une vigilance constante pour accorder notre fonctionnement et nos pratiques avec les principe qui nous guident particulièrement en matière de féminisme.

A partir de cette base de réflexion, il est possible de formuler les pistes suivantes :

  • Mettre en place un système d’adhésion-cotisation modulée sur les revenus sur une base déclarative (et pouvant être seulement symbolique), qui serait répartie entre structure départementale et nationale afin d’assurer la pérennisation du financement national et local. Cette capacités d’auto-gouvernement de notre mouvement à l’échelon local grâce à des moyens financiers pourrait être complété par le transfert d’une partie des financements générés par les élections législatives

  • Conserver une certaine souplesse pour les Groupes d’Action : une douzaine de personnes peut être considérée comme une bonne jauge pour une instance de base mais il est courant que les GA aient bien plus de « membres » ayant adhéré que de personnes qui y sont réellement actives.

  • Considérer les instances envisagées comme des instances d’initiatives politiques et pas seulement de mise en œuvre logistique. Ainsi, à l’échelle départementale, une désignation des animateurs locaux lors d’Assemblées Générales commune à tous les insoumis-e-s légitimerait cette évolution. Cela pourrait faciliter la mise en place de groupes de travail inter-GA à l’échelle départementale.

  • Permettre que le débat d’orientation ait lieu sur le plan national dans une instance identifiée, représentative et pluraliste. Nous pourrions tester la mise en place d’une coordination nationale avec des représentant.es pour partie élu.es pas les coordinations départementales et pour partie tiré.es au sort, ainsi qu’une délégation des groupes parlementaires. Cette instance pourrait fonctionner par la recherche du consensus et consentement et, à défaut, circonscrire les divergences et organiser le vote des cotisant.es insoumis.es. Cette instance pourrait désigner le comité électoral.

Le secrétariat de la Gauche écosocialiste