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Une campagne de conviction et de terrain contre Macron et son monde !

A Sotteville-lès-Rouen (76), commune populaire en banlieue de Rouen comptant près de 30 000 habitants, les militant.es de l’Union Populaire se mobilisent pour porter la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Plus de 2000 portes ont été toquées dans les quartiers populaires. Même dans ces quartiers il y a des graduations qui vont du désintérêt à la colère sous toutes ses formes. Quelques témoignages :
  • Une dame auxiliaire de vie à domicile élève seule ses 2 enfants. L’aîné est chômeur, le deuxième handicapé. Un flot ininterrompu de paroles sur sa situation, la haine de ce qu’elle vit, la colère qui l’habite. On l’écoute, elle a voté Le Pen mais ne pourra pas voter cette fois à cause d’un problème d’agenda. On lui parle programme, elle nous donne procuration pour voter Mélenchon.
  • Deux jeunes, l’un est en visite chez l’autre. Le premier va commencer à regarder un peu sur les réseaux sociaux. Il a déjà vu Nathalie Artaud et va continuer à se renseigner. Le second hésite entre Le Pen et Mélenchon. Pourquoi: “ben quand même, il y a beaucoup d’étrangers”. Son pote éclate de rire et lui dit “tu es bien d’origine marocaine ?”.  Et tous les 2 discutent pour la première fois politique, là avec nous. Les consciences s’éveillent.
  • Nombre d’immigrés nous disent, sans ambage : “Mélenchon, lui, il n’est pas raciste, il nous défend.” La campagne brutale de Zemmour provoque la polarisation sur cette question, et Mélenchon est clairement perçu comme celui qui défend les valeurs antiracistes par les victimes de ces discriminations.
  • Des personnes sans droit de vote: “on compte sur vous”.
  • Une adhérente socialiste: “j’ai prévenu Rouly (le secrétaire départemental PS), je vote pour vous, 5 ans de plus je peux pas.
Lors du port-à-porte, une personne se revendiquait de Jadot, deux ou trois parlaient de Roussel sur cette terre où le PCF a encore des forces, une autre personne qui avait croisé le député communiste et lui avait demandé comment rejoindre un groupe d’action de l’union populaire. Pourtant un ancien encarté socialiste, ce qui montre s’il était nécessaire à quel point la masse des catégories populaires est désorientée par l’effondrement des vieux partis.
Beaucoup de gens qui n’y croient pas et en ont marre de voter parce que cela ne sert à rien. Ils ne croient plus aux promesses, mais quand on leur demande s’ils ne croient pas à la promesse de la retraite à 65 ans de Macron, évidemment ils y croient ! Les consciences continuent de s’agiter.
Dans les quartiers populaires sur une centaine de portes on en trouve 30 sans personne, 5 personnes qui nous claquent au nez parfois sans même entendre de quel candidat il s’agit, 10 personnes sans le droit de vote, 20 qui nous écoutent poliment, 20 qui sont déjà bien acquises, 10 qui nous parlent des fachos et 5 indécis dont on fait changer le vote en notre faveur. Quand  on sait que la dernière fois il a manqué 2 votes par bureau de vote, tout devient possible.
On retrouve des gens qui nous reconnaissent de la campagne des municipales de 2020. On nous fait visiter des appartements pour nous montrer l’humidité… Ou pour prendre un café !
Mais une chose est énorme. C’est la haine de Macron et du “système”. Si vous dites “c’est pour virer Macron” c’est 100% d’approbation et de sourires !
Les castors professionnels qui attendent le second tour pour appeler à faire barrage n’ont décidément rien compris à la colère populaire. Là, on n’est pas dans les salons des gens “de gauche” qui expriment des réticences sur des détails pour finir par un vote tout fait raisonnable et, surtout, sans danger pour le système.
Jean Louis Amans