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Résolution du Conseil national du 31 janvier 2026

Contre l’extrême droite et la droite extrême, la lutte pour la majorité laborieuse.

1. La tempête Kristin a engendré tragédie et chaos. Le Bloc de Gauche est solidaire de toutes les personnes et communautés touchées, en particulier des familles des victimes, et des milliers de professionnels qui se sont mobilisés pour protéger leurs concitoyens et rétablir autant que possible la situation normale. Le Bloc de Gauche salue également toutes les associations, organisations et populations qui se sont unies pour répondre à cette tragédie, ainsi que les camarades de Leiria qui ont ouvert leurs locaux pour répondre aux besoins de la population, démontrant ainsi que la gauche peut et doit être un lieu de rencontre et de service pour tous.

De telles tragédies ne sont ni normales ni inévitables. Elles ont des causes : le manque d’investissement dans les infrastructures vitales (dont certaines sont privatisées, comme l’énergie et les télécommunications, qui ont une fois de plus failli) ; l’absence de politiques de prévention, d’investissement et de coordination pour la protection civile ; le soutien insuffisant apporté à la petite et moyenne agriculture et à son adaptation et sa protection contre les phénomènes météorologiques extrêmes ; et l’aménagement du territoire anarchique (aggravé, de surcroît, par la récente loi foncière). Le Portugal est de plus en plus secoué par des incendies estivaux et des tempêtes hivernales, plus fréquents et plus violents en raison de la crise climatique, elle-même causée par une économie de la cupidité qui privilégie les profits de quelques-uns au détriment de la vie de tous. Cette économie de la cupidité conduit à l’absence de stratégie de prévention et à un manque de planification, la construction en zones inondables étant privilégiée si elle maximise les profits. Sans changements profonds dans ces différents domaines, la situation ne peut que s’aggraver. Une réflexion, mais surtout de nouvelles politiques d’adaptation, de prévention et d’atténuation face à la crise écologique, sont nécessaires de toute urgence. Il s’agit d’investir dans les communautés, les territoires et les infrastructures vitales, en plaçant la vie et le bien commun au cœur de toutes les politiques.

L’effondrement des services essentiels à la vie quotidienne des habitants des zones particulièrement touchées par la tempête – notamment l’électricité, l’eau et les télécommunications – a plongé des centaines de milliers de personnes dans un isolement extrême, les privant de conditions de vie minimales acceptables. La fragilité de ces infrastructures critiques, déjà mise en évidence par les coupures de courant et les incendies de forêt, a une fois de plus révélé l’irresponsabilité sociale inacceptable des opérateurs privés, qui n’ont rien fait pour doter ces services essentiels des conditions nécessaires à leur intervention en cas de besoin. À cela s’ajoute la nouvelle défaillance opérationnelle du réseau SIRESP, qui a entravé les opérations d’intervention des municipalités et des forces de protection civile. Face à cette situation, Luís Montenegro a réagi en faisant l’éloge des compagnies d’assurance, transférant ainsi à la sphère privée et à la responsabilité individuelle ce qui relève clairement de la responsabilité de l’État. Cette attitude témoigne également de l’incompétence du gouvernement, puisque le mécanisme de protection civile de l’UE – qui dispose de ressources telles que des groupes électrogènes de grande capacité prêts à être déployés – n’a toujours pas été activé. Alors que plus de 200 000 citoyens sont encore privés d’électricité, il est absolument inacceptable de ne pas mobiliser les instruments européens à notre disposition. Il est tout aussi révélateur que, précisément au moment où le pays est si profondément secoué par les ravages d’un nouvel événement climatique extrême, l’Initiative libérale ait soumis au vote du Parlement la suppression de la notion d’« urgence climatique » de la loi-cadre sur le climat. Faire du déni du changement climatique la garantie de la libéralisation des entreprises témoigne de l’irresponsabilité sans bornes de l’ultralibéralisme portugais. À l’opposé de cette option irresponsable, le Bloc de gauche lutte pour une politique de transition climatique juste, garantissant une meilleure résilience et une sécurité énergétique accrue des ménages, ainsi que des investissements accrus dans les infrastructures afin de répondre aux problèmes climatiques croissants qui se profilent. Le Bloc de gauche critique le manque d’investissement du gouvernement dans les politiques d’adaptation, de prévention et d’atténuation face à la crise écologique, politiques qui permettraient aux territoires et aux populations de se doter des moyens de réagir à la fréquence croissante des phénomènes météorologiques extrêmes, et rejette toutes les stratégies politiques négationnistes que l’extrême droite ajoute à cette négligence du gouvernement.

2. La défaite du candidat du gouvernement au premier tour de l’élection présidentielle n’est pas uniquement due aux circonstances. Cette défaite, qui entraîne dans sa chute toute l’Alliance démocratique, a été indéniablement influencée par la défense du programme de réforme du travail et des politiques qui dégradent de plus en plus le Service national de santé. Tout en révélant le rejet populaire croissant de ces choix gouvernementaux, la défaite du gouvernement et de son candidat témoigne de l’attrait d’une part importante de l’électorat de l’Alliance démocratique pour le radicalisme néofasciste et ultralibéral. Ce nouvel équilibre des pouvoirs au sein de la droite rend plus plausible une attaque contre les droits des travailleurs et les services publics.

3. La décision des dirigeants du PSD, du CDS et de l’IL de ne pas soutenir António José Seguro témoigne de cette perte d’engagement démocratique. Il en résulte une concession à André Ventura, qui renforce sa légitimité politique et institutionnelle. Face à l’ambiguïté de la direction de droite, le Bloc de Gauche réaffirme son appel ferme à voter pour António José Seguro.

4. La candidature de Catarina Martins s’est distinguée par la ténacité avec laquelle, tout en défendant sans équivoque la paix et le droit international, elle a mis en lumière l’importance cruciale de la défense de la démocratie politique et sociale. Le Bloc de gauche salue la candidature de Catarina Martins à la présidence et, s’appuyant sur les perspectives qu’elle ouvre, s’engage à faire des questions du travail et du coût de la vie une priorité d’intervention pour une gauche désireuse de reconquérir la majorité. Dans un contexte de transformations sociales et politiques rapides, le Bloc de gauche perçoit l’urgence de deux tâches : repenser la présentation de son programme de transformation sociale et approfondir son ancrage au sein de la majorité laborieuse. Dans ce contexte, alliant discours et organisation, le Bloc de gauche lancera prochainement une campagne politique visant à proposer de nouvelles solutions concrètes pour faire face à la crise engendrée par la hausse du coût de la vie.

5. Face à la radicalisation croissante de l’hégémonie de droite, il est nécessaire de démontrer concrètement son utilité dans les luttes pour la défense des droits et de la démocratie constitutionnelle. À cet égard, les résultats du premier tour de l’élection présidentielle exigent une prise de position claire sur les choix qui en ont découlé. Les candidatures de gauche ont permis d’éviter que le débat ne se limite aux attaques personnelles et à l’intensité de l’assimilation des politiques de droite. L’attrait électoral du Bloc de gauche au second tour de l’élection présidentielle témoigne d’un engagement ferme en faveur de la défense de la démocratie politique ; son intervention quotidienne doit témoigner d’un engagement ferme en faveur de la défense de la démocratie sociale.

6. L’avenir de la contre-réforme du travail proposée par le gouvernement est incertain. Bien qu’affaibli par la grève générale et les critiques unanimes des syndicats, de droite comme de gauche, le gouvernement a déjà manifesté sa volonté de soumettre la proposition au Parlement, même sans accord préalable avec le patronat et l’UGT (Union générale des travailleurs) dans le cadre d’un dialogue social. Parallèlement, les fluctuations de l’extrême droite rendent l’issue parlementaire de ce processus imprévisible. Le Bloc de gauche est pleinement engagé dans les mobilisations pour la défense des droits des travailleurs, du droit au logement, du droit à la santé, du droit à l’éducation et du droit à la paix, démontrant ainsi son engagement dans la lutte pour des politiques qui concrétisent la social-démocratie.

7. La grève générale du 11 décembre a ouvert une brèche politique majeure, permettant au mouvement syndical, à la cause des travailleurs et à la gauche de reprendre l’initiative et une place centrale dans l’action et le débat politiques. Les manifestations de cette journée ont également été significatives, avec la participation de personnes extérieures au milieu syndical, notamment un nombre important de jeunes. La lutte pour la défense de la dignité des travailleurs a pris une place centrale, tout comme les revendications salariales, le droit au travail et la lutte contre la précarité de l’emploi, détournant ainsi le débat politique de l’agenda identitaire et sécuritaire de l’extrême droite et démontrant que la politique du gouvernement en matière d’emploi est minoritaire au sein de la société portugaise. Ce déplacement du débat public, des enjeux identitaires et sécuritaires de l’extrême droite vers les questions du travail, des salaires et de la précarité de l’emploi, a confirmé le caractère minoritaire de la politique du gouvernement en matière d’emploi au Portugal. Quelle que soit l’importance que les médias accordent à d’autres sujets, les mois à venir devraient voir une intensification de la lutte sociale et politique, la priorité étant donnée à la promotion d’initiatives de grande envergure renforçant la résistance contre l’offensive de la droite contre les droits sociaux et la démocratie constitutionnelle.

8. Le Bloc de Gauche affirme sa place unique dans l’espace démocratique portugais et s’engage fermement à construire des convergences unifiées au sein du mouvement social et syndical, permettant l’émergence de majorités sociales pour renforcer les droits et la démocratie. C’est ce chemin que nous célébrerons le 28 février, à l’occasion du vingt-septième anniversaire du Bloc de Gauche. Nous célébrons notre histoire, tournés vers le présent et l’avenir, en soulignant l’engagement du Bloc de Gauche dans tous les combats pour la dignité et la justice, au Portugal et dans le monde.

9. La situation actuelle exige un débat franc et approfondi sur les conditions de travail et d’études des jeunes au Portugal. Le contexte de diffusion des valeurs individualistes qui prédominent chez les jeunes et la montée du fascisme expliquent la tâche ardue à laquelle est confronté le Bloco Jeunesse : défendre la démocratie, l’égalité et contester l’hégémonie là où les jeunes sont actifs, dans les écoles, les universités et dans la rue. C’est là que doit se nourrir la lutte contre la précarité et pour l’amélioration des conditions de vie. C’est pourquoi nous convoquons la 10e Conférence du Bloco Jeunesse, en vue d’élire le prochain Conseil National de la Jeunesse (CNJ) et de promouvoir un espace de débat élargi à l’ensemble des jeunes du parti. Le coordinateur national de la jeunesse (CNJ) actuel du Bloco propose au Conseil national la convocation de la 10e Conférence nationale de la jeunesse du Bloco les 11 et 12 avril 2026. La rédaction du règlement correspondant, qui sera examiné et voté par le Comité politique, est déléguée au Secrétariat national, en coordination avec le CNJ actuel.